Face à la vague de réactions médiatiques suscitée par la signature de l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) endosse le rôle d’arbitre. Dans un communiqué publié ce lundi 7 juillet, elle appelle les journalistes au strict respect du Code d’éthique et de déontologie journalistique, et les exhorte à privilégier, dans leurs productions en lien avec cet accord, les avis d’experts reconnus dans les domaines sécuritaire, diplomatique et juridique.
Les journalistes qui se muent en spécialistes sans réelle qualification, dispensant des leçons sur les plateaux de télévision et dans les colonnes de leurs journaux ainsi que dans les réseaux sociaux, sont légion en RDC.
Sans remettre en cause le droit de chacun à analyser l’accord de paix conclu le 27 juin dernier à Washington entre Kinshasa et Kigali, l’UNPC invite les professionnels des médias à s’appuyer sur des personnes ressources, en vue d’améliorer la qualité des analyses proposées au public.
« L’Union nationale de la presse du Congo, tout en restant attentive aux inquiétudes exprimées par certains de nos compatriotes, s’approprie les acquis de cet accord de paix et affirme sa volonté d’en suivre rigoureusement la mise en œuvre dans toutes ses phases. À ce titre, l’Union sensibilise et appelle les journalistes œuvrant en République démocratique du Congo, en général, et ses membres en particulier, au strict respect du Code d’éthique et de déontologie du journaliste congolais, notamment dans la couverture des enjeux liés à l’accord de paix. Recommande fortement l’association systématique d’experts des domaines sécuritaire, diplomatique et juridique dans tout traitement médiatique de cet accord, afin de garantir l’équilibre, la rigueur et la contextualisation des analyses », lit-on dans le communiqué parvenu à alternance.cd.
Se référer aux personnes ressources
L’UNPC demande au gouvernement « d’intégrer les journalistes dans toutes les étapes du processus de mise en œuvre de l’accord, en tant qu’acteurs de l’information et de la pédagogie publique ».
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La principale organisation professionnelle des journalistes de la RDC rappelle à ses membres leur devoir de vérifier scrupuleusement leurs sources et de recouper les informations relatives aux activités des groupes armés, aux actions gouvernementales ou aux négociations en cours.
Elle plaide pour « un journalisme de paix, fondé sur l’investigation, la contextualisation, l’équité et la responsabilité » et exhorte les journalistes à « s’appuyer sur les sources institutionnelles officielles ».
L’UNPC met par ailleurs en garde contre l’apologie des crimes graves, l’incitation à la haine, la désinformation et toute forme de manipulation de l’opinion. Des comportements réprimés par l’ordonnance-loi n°23/009 du 13 mars 2023 fixant les modalités d’exercice de la liberté de presse, de la liberté d’information et des émissions par la radio, la télévision, la presse écrite ou tout autre moyen de communication en République démocratique du Congo.
R. Djanya

