Où en est-on avec l’exécution de l’instruction du président de la République relative à la protection du patrimoine immobilier de l’Office national des transports (Onatra SA) ? La délégation syndicale de cette entreprise publique a abordé cette question, entre autres, lors d’un échange avec la ministre d’État, ministre des Affaires foncières, Acacia Bandubola, le mercredi 15 juillet 2025.
Le président de l’intersyndicale de l’Onatra, Armand Osase, a renouvelé l’engagement des agents et cadres à défendre le patrimoine immobilier de leur entreprise. Il a salué la détermination du chef de l’État, Félix Tshisekedi, ainsi que celle de la ministre d’État, à prendre les mesures nécessaires pour permettre à l’Onatra de recouvrer ses droits sur les biens spoliés.
« Nous venons d’être reçus par Son Excellence madame la ministre d’État, ministre des Affaires foncières, pour faire le suivi des instructions du président de la République et celles de la première ministre sur la protection du patrimoine immobilier de l’Onatra. Vous savez qu’après l’Église catholique c’est l’Onatra. Mais cette entreprise a été dépiecée, des maisons spoliées par les dinosaures de l’ancien régime. Ainsi, le président de la République a instruit au gouvernement de protéger et de valoriser le patrimoine immobilier de l’État. Nous félicitons Son Excellence madame la ministre d’État, ministre des Affaires foncières(…) L’autorité nous a rassurés que l’Onatra va récupérer toutes les maisons spoliées, tous les terrains », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs révélé qu’un contrôle rigoureux sera engagé par l’État congolais, actionnaire unique de l’Onatra, afin de passer au crible toutes les conventions signées. Ce contrôle permettra non seulement d’en vérifier la régularité, mais aussi d’en évaluer la pertinence et les bénéfices pour la société.
« Des mesures seront prises. Nous voulons le changement pour le pays. Et le chef de l’Etat a toujours insisté qu’il faut aimer le pays », a insisté le président de l’intersyndicale de l’Onatra.
On déguerpit les pauvres, les gros spoliateurs restent intouchables
Cela fait plusieurs années que la question de la récupération des maisons et concessions spoliées de l’Onatra est soulevée, sans qu’elle ne soit véritablement suivie d’effets concrets. L’une des difficultés majeures réside dans le fait que nombre de spoliateurs présumés occupent ou ont occupé des fonctions politiques de premier plan.
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Dans la commune de Limete, par exemple, plusieurs sources affirment que bon nombre de luxueuses villas érigées de manière illégale sur les terrains de l’Onatra appartiendraient à des magistrats.
En 2024, la première ministre Judith Suminwa Tuluka avait mis sur pied une commission chargée d’appuyer l’Onatra dans la récupération de ses biens immobiliers.
Depuis, c’est le silence radio. Hormis la démolition de quelques baraques en juin dernier le long du chemin de fer à Masina, dans l’Est de Kinshasa-Gombe, habitations appartenant à des modestes citoyens ayant acquis leurs parcelles auprès de réseaux mafieux protégés par des jugements iniques, aucune avancée notable n’a été observée.
R. Djanya

