Le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani, et le ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ont exposé, lors d’un briefing spécial conjoint tenu ce lundi 21 juillet, les enjeux et les perspectives en vue d’une paix durable dans l’est de la RDC à la suite de la déclaration de principes signée à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Ils ont confirmé le retour, dans quelques jours, des délégués des deux parties dans la capitale qatarie pour des discussions devant déboucher sur la signature d’un accord de paix global.
Ces deux membres du gouvernement ont passé en revue les principaux points de ladite déclaration, notamment celui relatif à « la restauration de l’autorité de l’État ». Selon Jacquemain Shabani, cela suppose le rétablissement de l’administration publique dans les territoires encore sous contrôle de la rébellion, afin de réaffirmer la souveraineté de l’État et d’y assurer une gouvernance effective.
Retour à Doha dans huit jours
Le patron de l’Intérieur a exprimé l’optimisme du gouvernement quant à la résolution de la crise sécuritaire qui sévit dans l’est du pays depuis plus de trente ans, en soulignant qu’elle est désormais mieux comprise.

«Les discussions qui se tiennent à Doha ne sont pas un acte isolé. Il y a eu au mois de mars une rencontre à Doha entre le président Félix Tshisekedi et le président Kagame. Il s’en est suivi au mois d’avril la signature d’un communiqué entre les représentants du gouvernement de la RDC et la coalition M23-AFC. Ce communiqué-là avait consacré la cessation des hostilités qui n’est pas un exercice facile à mettre en place, mais qui, dans l’acte signé le 23 avril était un acte extrêmement important d’expression des parties, et depuis ce jour-là, avec le concours de la médiation, il y a un mécanisme qui est mis en place d’informations et vérification des faits », a déclaré le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur.
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Il a indiqué que, dans l’optique d’amener les parties à réaffirmer leur engagement, la médiation avait proposé l’adoption de mesures de confiance à la suite immédiate de la déclaration de principes.
« Dans huit (8) jours, les représentants de la RDC et du M23-AFC retourneront à Doha. Si tout va bien, un accord de paix pourrait être signé dans les mois à venir », a annoncé Jacquemain Shabani.
Une lecture globale des textes

Pour sa part, le ministre de la Communication et médias a exhorté la presse à contrer la propagande de l’ennemi et à assumer pleinement son rôle de quatrième pouvoir.

Patrick Muyaya a invité les professionnels des médias à adopter une lecture globale des textes qui encadrent le processus de résolution de la crise.
« Nous faisons un effort pour mettre des textes à votre niveau {à la disposition de la presse} pour que vous puissiez les lire, les relire. Et ces textes, il ne faut pas les lire dans un cadre isolé. Ce soir, je vous en ai parlé de cinq: la déclaration de Doha de 18 mai entre le président Kagame, l’émir du Qatar et le président Tshisekedi, le communiqué conjoint entre les représentants du gouvernement et de l’AFC/M23 du 23 avril, la déclaration de principes de Washington du 25 avril, l’accord de Washington du 27 juin, la déclaration de principes du 19 juillet. En principe on attend l’accord de Doha consécutif à cette déclaration dont on parle. Et l’accord d’un cadre d’intégration économique régionale prévu par cet accord entre le gouvernement de la RDC et le gouvernement du Rwanda sous les auspices du gouvernement américain. Et lorsque vous avez tous ces textes avec vous, il faut avoir la Constitution, il faut avoir la résolution 2773, il faut avoir la Charte de l’Union africaine, la Charte des Nations unies, et d’autres instruments pertinents », a précisé le porte-parole du gouvernement.
R. Djanya
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