Depuis une décennie, la ville de Kinshasa était otage d’un système caractérisé par l’opacité, la fraude institutionnalisée et la dilapidation des ressources publiques. Malgré les réformes annoncées et les alertes répétées, rien n’avait véritablement été entrepris pour assainir la régie financière de la capitale. Les recettes, pourtant vitales pour le développement de la ville, s’évaporaient dans les circuits de la corruption, entre négligence administrative et réseaux d’enrichissement illicite.
Mais aujourd’hui, les choses changent. Depuis l’arrivée à la tête de la ville du gouverneur Daniel Bumba Lubaki, un tournant décisif s’amorce. L’heure n’est plus à la complaisance, mais à la rigueur.
L’actuel exécutif provincial entend mettre fin à la gabégie, restaurer l’autorité de l’État dans les finances urbaines et redonner à la ville ses moyens d’action pour en profiter pleinement.
“Trop c’est trop. La ville ne peut plus avancer en traînant des chaînes invisibles faites de fraudes, de détournements et de passivité administrative,” a récemment déclaré une source proche du cabinet du gouverneur.
Cette déclaration résume une vision claire : faire de la mobilisation des recettes une priorité stratégique, non pas pour accumuler, mais pour investir dans le développement.
La mise en place d’une plateforme de gestion des risques en fraude fiscale marque le début d’un processus de redressement profond. Un mécanisme de veille, de transparence et de responsabilité qui annonce une nouvelle gouvernance urbaine axée sur la performance, les résultats et l’intégrité.
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Pour la première fois depuis dix ans, Kinshasa peut espérer une mobilisation réelle de ses ressources. La ville se remet debout, portée par une volonté politique forte, des instruments de contrôle rénovés, et une rupture assumée avec les pratiques du passé.
« Mon objectif est clair : restaurer la capacité d’investissement de la ville, notamment dans les infrastructures, les services sociaux de base, et l’aménagement urbain. Car une capitale digne de ce nom ne peut continuer à fonctionner avec des moyens affaiblis, sous perfusion ou en déliquescence à cause de la fraude », avait déclaré avec fermeté, le gouverneur Bumba, lors de sa prise de fonction.
La vision du gouverneur Bumba pour la fiscalité urbaine est claire : une régie forte, des recettes maîtrisées, un avenir à construire.
C. P.

