Le plan de licenciement massif dénoncé en juin dernier par l’Intersyndicale d’Equity BCDC s’est finalement matérialisé. Selon des sources concordantes contactées par alternance.cd, cette banque commerciale kényane aurait déjà remercié une centaine d’agents et cadres congolais, sur plus de quatre cents initialement visés. Une seconde vague de licenciements, également estimée à une centaine de personnes, serait imminente.
Sous couvert d’une enquête menée depuis le siège au Kenya, évoquant des cas présumés de fraude, Equity BCDC avait préparé une purge au sein de son personnel, principalement composé de Congolais.
Dans une correspondance adressée au ministre du Travail et de l’emploi en juin dernier, l’Intersyndicale dénonçait le sort réservé à 460 « paisibles travailleurs qui n’ont eu pour seul devoir, depuis la fusion entre Equity Bank Congo et la BCDC en 2020, que de contribuer avec dévouement à la croissance de cette dernière ».
Le document signalait également que le processus de conciliation, conduit par l’Inspection générale du travail à la demande de l’Intersyndicale, avait été systématiquement saboté par l’employeur, accusé de mauvaise foi, notamment dans l’application du barème salarial négocié et entériné dans le protocole d’accord signé le 26 novembre 2024.
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D’après nos sources, sur décision de la direction du Groupe Equity, basée à Nairobi, les responsables d’Equity BCDC auraient notifié, sans préavis, leur licenciement à une centaine d’agents congolais.
En d’autres termes, ces citoyens congolais, pour la plupart chefs de famille et ayant plusieurs années d’ancienneté, ont été informés de la rupture de leur contrat sans ménagement.
La RDC attaquée sur un autre front?
Ce scandale met à l’épreuve le nouveau gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, le ministre du Travail et de l’Emploi ainsi que l’Inspection générale du travail.
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Au-delà de l’aspect social, ces licenciements massifs, motivés par des faits jugés bénins ou qualifiés de fautes imaginaires, soulèvent des interrogations légitimes sur les véritables intentions de l’employeur kényan. D’autant plus que le Kenya est perçu comme ayant choisi son camp dans la crise opposant la République démocratique du Congo au Rwanda.
Certains observateurs n’excluent pas l’hypothèse d’un front économique ouvert en plein capitale congolaise dans le but de fragiliser davantage la RDC.
Jean Pérou Kabouira
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