Dans un communiqué publié ce mercredi 6 août, les Nations Unies accusent le groupe rebelle AFC/M23, soutenu par l’armée rwandaise, d’avoir massacré au moins 319 civils au cours du mois de juillet 2025, dans le seul territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Ce chiffre repose sur des témoignages de première main recueillis par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).
Parmi les victimes figurent au moins 48 femmes et 19 enfants, tués dans quatre villages de Rutshuru entre le 9 et le 21 juillet, selon l’ONU. Ces civils, pour la plupart des agriculteurs, étaient tués dans leurs champs en pleine saison des semis.
Le chef des droits de l’homme des Nations Unies, Volker Türk, a condamné la recrudescence des attaques meurtrières perpétrées par le M23 et d’autres groupes armés contre les populations civiles.

« Je suis consterné par les attaques contre les civils perpétrées par le M23 et d’autres groupes armés dans l’est de la RDC, alors que les combats se poursuivent, malgré le cessez-le-feu récemment signé à Doha », a-t-il déclaré.
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Volker Türk a insisté sur le fait que « toutes les attaques contre les civils doivent cesser immédiatement et tous les responsables doivent rendre des comptes ».
Il a renouvelé son appel à l’ensemble des parties impliquées dans les conflits à l’est de la RDC à protéger les civils et à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et des droits de l’homme.
Appel au respect des engagements pris à Washington et à Doha
Le chef des droits de l’homme de l’ONU appelle instamment le gouvernement congolais, le gouvernement rwandais ainsi que l’AFC/M23 à honorer les engagements pris dans l’accord de paix de Washington {signé entre Kinshasa et Kigali le 27 juin} et dans la déclaration de principes de Doha {signée le 19 juillet entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23}, censés mettre un terme au cycle des violences.
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« J’exhorte les signataires et les facilitateurs des accords de Doha et de Washington à veiller à ce qu’ils se traduisent rapidement par la sécurité et des progrès réels pour les civils en RDC, qui continuent de subir les conséquences dévastatrices de ces conflits », a souligné Volker Türk.
Le bilan macabre des ADF en juillet
Le HCDH signale également de nombreuses attaques menées en juillet par d’autres groupes armés dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Parmi elles, celles perpétrées par les Forces démocratiques alliées (ADF) : le 9 juillet à Pikamaibo, le 12 juillet à Otmaber et le 27 juillet à Komanda, ayant respectivement coûté la vie à 70, 8 et 40 civils.
Une autre attaque, menée par la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) le 21 juillet dans le village de Lopa, en Ituri, a causé la mort de trois civils et fait un blessé.
Jean Pérou Kabouira

