Le sulfureux pasteur Paul Mukendi n’a passé que quelques heures entre les mains des services de sécurité, ce jeudi 14 août. Arrêté à Kinshasa alors qu’il officiait dans son église, le Centre évangélique Parole de Vie, il a été libéré dans la soirée. Son arrestation, comme sa libération, a suscité autant de controverses que sa vie elle-même.
À sa libération, cet homme d’Église, rentré au pays après avoir été condamné à huit ans de prison au Canada pour agressions sexuelles et physiques sur une adolescente de 14 ans, a voulu apaiser les tensions.
« C’était un malentendu. Je n’étais pas pris en plein culte. Je suis dans mon pays, un pays de liberté. Il n’y a rien au sujet de mes récentes déclarations », a-t-il déclaré.
Fervent défenseur du régime en place en RDC, mais ayant changé de position depuis la publication du gouvernement Suminwa 2 qu’il qualifie d’équipe de « recyclés », appelant ouvertement les Congolais à se lever « face à ces dérives », Paul Mukendi a, comme par un miracle divin, modéré son discours.
« Que Dieu bénisse le Congo et son président Félix Tshisekedi », a-t-il lancé.
Redevenu défenseur du régime ?
Ces derniers jours, cette personnalité religieuse controversée au lourd passé judiciaire avait haussé le ton contre la gestion du pays par le même régime dont il était considéré comme un fervent soutien. Il avait notamment fustigé les salaires exorbitants des dirigeants, dont les ministres et les parlementaires, estimant que cela est indécent au regard de la pauvreté de la population.
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Même si le motif de son arrestation n’est pas connu, le pasteur Paul Mukendi a intérêt à surveiller ses propos, son passé de violeur le rendant moins crédible aux yeux de l’opinion.
Par ailleurs, bien qu’il n’existe pas de traité d’extradition entre la République démocratique du Congo et le Canada, il doit savoir que sa condamnation définitive pour violences sexuelles et physiques limite ses libertés de mouvement à travers le monde.
La RDC reste sans doute son principal refuge sûr.
Pami Halele
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