Le gouvernement de la République déplore les entraves à l’éducation des enfants dans les zones occupées. Lors d’un briefing de presse tenu ce mardi 2 septembre 2025, le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, la sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani, ainsi que le ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ont fait le point sur la situation sécuritaire dans l’ensemble du pays. Celle-ci demeure préoccupante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le vice-premier ministre de l’Intérieur a fait état de la poursuite des opérations contre les réseaux criminels dans plusieurs provinces. Ces opérations ont, selon Jacquemain Shabani, permis l’arrestation de bandes organisées, lesquelles ont livré aux services de sécurité et aux forces de l’ordre des informations sur leurs méthodes.
Il a également relevé d’autres efforts fournis par le gouvernement pour restaurer l’autorité de l’État. Dans ce cadre, il a notamment cité des négociations en cours avec certains mouvements armés concernant la libération des prisonniers et le respect du cessez-le-feu.
Concernant le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, le vice-premier ministre a dénoncé la poursuite des violations des droits fondamentaux des populations locales par les forces d’occupation, ainsi que l’insécurité grandissante marquée par des enlèvements, des attaques récurrentes, la violation du cessez-le-feu et la prolifération d’administrations parallèles.
« En ce qui concerne les territoires occupés, que ce soit dans la province du Nord ou du Sud-Kivu, la situation sécuritaire est pratiquement la même en termes de violation des droits de l’homme. Nous continuons, au jour le jour, à enregistrer les différentes violations des droits de nos concitoyens qui vivent dans des conditions extrêmement difficiles, d’insécurité. Il faut dire, que ce soit les rafles et les enlèvements des jeunes gens continuent pour les enrôler de force dans les mouvements armés. Le respect aussi, malheureusement, du principe de cessez-le-feu reste encore tout un challenge. Et à côté de cela, la mise en place de l’administration parallèle continue à se mettre en place« , a déclaré Jacquemain Shabani.
Une rentrée scolaire normale dans la majorité des provinces
S’agissant de la rentrée scolaire, le gouvernement relève qu’elle s’est déroulée dans des conditions normales dans la quasi-totalité des provinces, grâce à la mobilisation conjointe du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, ainsi que des services de sécurité qui assurent la protection des élèves et du personnel enseignant.
« Je crois que nous avons tous eu à constater que nous avons réussi à avoir une rentrée scolaire plus ou moins dans des conditions respectables. Un travail a été fait depuis les semaines précédentes, avec le ministère de l’EPST, pour arriver à trouver un compromis avec les écoles et les enseignants. Et de notre côté, au niveau du ministère chargé de la sécurisation du territoire, nous avons aussi mis en alerte tous les différents services pour que nos enfants puissent rentrer dans des conditions sécuritaires les plus convenables possibles », a fait remarquer Jacquemain Shabani.
Lire aussi Rentrée scolaire 2025-2026 : le vice-ministre Théodore Kazadi en mission de supervision à Kinshasa
Toutefois, dans les zones occupées, les enfants sont privés, d’après le gouvernement, de la gratuité de l’éducation de base.
Cette situation risque d’avoir un impact considérable sur le système éducatif national et sur les perspectives de paix à long terme.
« Nos enfants dans les territoires sous occupation ne bénéficient pas malheureusement de la gratuité de l’enseignement », a regretté Jacquemain Shabani.
Pas de dialogue avec des tueurs

Le patron de l’Intérieur a réitéré la détermination du gouvernement à rétablir la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. À ce sujet, il a a précisé :
« La paix est un processus. On ne peut pas dialoguer avec ceux qui ont tué. Le dialogue sera possible, ici à Kinshasa, lorsque ces personnes auront renoncé à leurs pratiques qui causent la souffrance des Congolais ».
De son côté, Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias, a souligné que « L’initiative de Thabo Mbeki {NDLR : conférence sur la paix et la sécurité} est inopportune et ça ne nous intéresse pas parce qu’il a déjà montré ses couleurs ».
Robert Djanya
Lire également Goma : série meurtrière d’accidents de circulation

