La République démocratique du Congo veut se doter d’un système éducatif capable d’inspirer d’autres États africains. Cette ambition a été dévoilée par la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, au cours d’un briefing de presse animé conjointement avec le ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya, ce jeudi 4 septembre 2025.
Lors de ce rendez-vous avec les professionnels des médias, ces membres du gouvernement ont passé en revue les réformes opérées dans le secteur de l’éducation et ont longuement évoqué la rentrée scolaire 2025-2026. Celle-ci est jugée effective.

La ministre sectorielle a souligné que, dans le cadre du plan quinquinal 2024-2029, des équipes travaillent à l’implémentation des nouvelles technologies de l’information et de la communication, telles que l’intelligence artificielle, qui a démontré son efficacité lors de la récente session de l’Examen d’État, en corrigeant automatiquement, et dans un temps record, les épreuves.
Selon Raïssa Malu, outre la correction par l’IA, ces épreuves ont également été corrigées manuellement, ce qui a permis à l’Inspection générale de comparer les résultats des deux opérations afin de s’assurer de la fiabilité de cette technologie.
Pour elle, seule la technologie peut permettre de rattraper les retards accumulés dans le pays, tant dans la formation des élèves que dans celle des enseignants, et de tracer la voie vers un avenir meilleur pour le système éducatif congolais.
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C’est dans cette perspective que s’inscrit la généralisation de l’enseignement à distance, expérimenté depuis 2020.
À cet effet, en février dernier, la ministre d’État à l’Éducation nationale a signé un arrêté historique organisant et encadrant l’enseignement à distance dans le secteur de l’enseignement primaire, secondaire et technique. Cet arrêté incarne la vision du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, d’une éducation moderne, inclusive et accessible à toutes et à tous.
Ce dispositif prépare les jeunes Congolais à un monde en pleine transformation, où le numérique joue un rôle central, et soutient le développement des compétences essentielles du XXIe siècle, telles que l’autonomie dans l’apprentissage et la maîtrise des technologies, indispensables pour s’adapter aux exigences du marché du travail et de l’économie mondiale.
En mettant en place ces initiatives, la RDC vise le leadership continental dans le domaine de l’enseignement.
« Notre objectif est que d’ici 2029 nous ayons un système éducatif qui soit reconnu comme un modèle d’excellence en Afrique », a déclaré Raïssa Malu.
Dans la foulée, elle a annoncé la construction d’un centre de formation des maîtres. Objectif ? « Aucun détenteur simplement d’un diplôme d’État ne peut plus donner cours. Il doit passer par une formation de 3 ans, pour obtenir un diplôme de licence », a dit la MinEtat à l’Education nationale et nouvelle citoyenneté.
Pas de retour en arrière pour la gratuité de l’éducation de base
S’agissant de la gratuité de l’éducation de base, elle a précisé qu’elle doit être appliquée sur l’ensemble du territoire national.
« Je réaffirme que la gratuité et le caractère obligatoire de l’enseignement primaire public sont inscrits dans la constitution. On ne peut pas revenir en arrière pour cette mesure de gratuité. Nous réaffirmons la gratuité de l’enseignement primaire public sur l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo », a fait savoir la ministre de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté.
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Au sujet de la décision des responsables de l’AFC/M23 de fixer les frais de scolarité dans les écoles publiques et privées agréées des zones occupées au Nord-Kivu, la patronne de l’Éducation nationale a été plus que claire :
« Tous les frais supplémentaires demandés sont illégaux et doivent être retirés. »
Et de renchérir : « On ne peut pas revenir en arrière, nous réaffirmons la gratuité sur toute l’étendue du territoire. »

De son côté, le ministre de la Communication et médias a rappelé que les forces d’occupation n’ont aucun droit ni aucune légitimité pour prendre une telle mesure.
Anny Kanyama

