Prévu du 3 au 6 septembre 2025, le dialogue sur la paix et la sécurité en Afrique, organisé par la Fondation Thabo Mbeki avec un accent particulier sur la RDC, se tient sans la participation de la majorité des invités congolais. Ces derniers n’ont pas obtenu le visa d’entrée en Afrique du Sud et accusent le président Félix Tshisekedi d’être responsable de ce blocage. En réaction à la dénonciation d’« une main obscure qui veut étouffer à tout prix la voix de l’opposition congolaise » faite par Seth Kikuni, le sénateur Jean Bamanisa a demandé aux opposants de se faciliter la tâche en participant en ligne à cette conférence.
Dans le but affiché de promouvoir des solutions africaines aux défis de paix et de sécurité sur le continent, la Fondation Thabo Mbeki réunit des dirigeants, opposants et experts venus de tout le continent en Afrique du Sud pour cette conférence.
Accusant l’initiateur de ce dialogue, l’ancien président sud-africain, de partialité dans la crise sécuritaire en RDC, les autorités congolaises ont décliné son invitation. Il en est de même pour l’opposant Martin Fayulu mais pour d’autres raisons.
À l’inverse, d’autres opposants, dont l’exilé Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund, Jean-Claude Kibala et Seth Kikuni, ont exprimé leur volonté d’y participer, mais se plaignent de ne pas avoir obtenu de visas pour eux et les membres de leurs délégations. Ce dernier affirme même avoir réservé des billets.
« Invitation reçue le 18 août : la Fondation Mbeki nous presse de participer à un dialogue crucial sur la crise en RDC. L’urgence est réelle. Billets d’avion validés depuis le 26 août. Tout était prêt pour répondre à l’appel. Pourtant, nos visas sont bloqués par une main obscure qui veut étouffer à tout prix la voix de l’opposition congolaise. Il est évident que nous vivons dans une prison à ciel ouvert. Mais cela ne peut pas durer plus longtemps. Retenez que nous n’allons pas nous soumettre », a dénoncé le président de Piste pour l’Émergence sur son compte X.
En commentaire, le sénateur Jean Bamanisa a suggéré aux invités de la Fondation Thabo Mbeki de se faire représenter par des Congolais vivant en Afrique du Sud, à défaut de recourir aux solutions numériques.
« Pourtant il y a beaucoup des Congolais vivant en Afrique du Sud. Pourquoi ne participent-ils pas ? Ça coûterait moins cher que de faire voyager d’autres personnes ! Sinon, utilisez Teams, Zoom, Watsapp… Envoyez-moi également le lien, je pourrai partager avec les voisins du quartier », a écrit sur un ton sarcastique ce sénateur de l’Union sacrée, la plateforme présidentielle.
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Favorable à une gouvernance fondée sur le dialogue, l’ancien gouverneur de l’Ituri affirme toutefois s’opposer aux initiatives qui s’apparentent à des outils de soft power destinés à perpétuer les inégalités plutôt qu’à les réduire.
« Je suis pour une gouvernance comprenant le dialogue ! Je l’ai pratiqué particulièrement en Ituri ! Mais c’est aussi une nouvelle forme de business ! Les ONG pullulent et les participants gagnent leurs prises en charge : repas, logement, perdiem… de centre de dialogue/négociation à un autre… C’est devenu une activité », a précisé Jean Bamanisa.
R. Djanya

