Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) maintiennent leur confiance envers le commandant adjoint en charge des opérations et renseignements de la 33ᵉ région militaire, le général Olivier Gasita. Alors que la société civile et les Wazalendo, supplétifs de l’armée, protestent contre son arrivée à Uvira, il a été défendu ce samedi 6 septembre par le porte-parole de l’armée, le général-major Sylvain Ekenge.
Depuis le début de la semaine, les tensions sont vives à Uvira, dans le Sud-Kivu. La société civile et les Wazalendo ont décrété une journée ville morte, largement suivie, pour protester contre l’arrivée du général Olivier Gasita. Ils l’accusent d’avoir facilité la prise de Bukavu par l’AFC/M23 en février dernier.
Selon le porte-parole des FARDC, ces accusations et critiques émanent des « officines de l’ennemi » qui cherchent à opposer les forces armées aux Wazalendo.
« Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a aucune ordonnance présidentielle qui le décharge de ses fonctions. Il est et reste commandant adjoint de la 33ᵉ région militaire. Il a été rappelé comme tous les autres commandants, des investigations ont été menées. Il est rentré. Ceux sur qui des problèmes étaient posés sont restés à Kinshasa. Lui n’a pas été interpellé parce qu’on ne lui reprochait rien », a expliqué le général Sylvain Ekenge, au cours d’un point de presse ce samedi.
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Le porte-parole de l’armée a rappelé les faits d’armes du général Gasita dans d’autres provinces, notamment au Maï-Ndombe.
« Allez à Yumbi, allez à Bolobo et dites du mal du général Gasita, vous serez lapidés. C’est l’homme qui a ramené la paix à Yumbi. C’est lui qui a ramené l’autorité de l’État dans cette partie du pays », a déclaré le général-major Sylvain Ekenge.
Dans le but de faire taire les critiques, il a précisé que cet officier supérieur n’avait jamais exercé par le passé au Nord-Kivu ni au Sud-Kivu, et qu’il n’avait été affecté à Bukavu qu’en janvier dernier, soit quelques jours avant la chute de la ville.
« Le général Olivier Gasita est un officier connu avec certitude par la hiérarchie de notre armée. Depuis plus de 25 ans, il n’a jamais travaillé au Nord-Kivu ni au Sud-Kivu. Il n’a été nommé qu’en janvier pour assumer les responsabilités de commandant adjoint chargé des opérations et renseignements de la 33ᵉ région militaire », a poursuivi le porte-parole des FARDC.
Reste à savoir si ces déclarations suffiront à convaincre les habitants d’Uvira, deuxième ville et chef-lieu provisoire du Sud-Kivu.
Jean Pérou Kabouira

