Seuls rescapés de la tempête des pétitions qui balaie les membres du bureau de l’Assemblée nationale, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi et Christophe Mboso, respectivement premier et deuxième vice-président, se toisent, se défient, dans une guerre d’influence désormais à peine dissimulée.
Une séance plénière est prévue ce mercredi 17 septembre pour la mise en place de la commission spéciale chargée d’examiner les pétitions déjà déposées. Mais en coulisses, une autre pétition se prépare, cette fois contre Tshilumbayi. Elle serait l’œuvre, selon plusieurs sources, d’un groupe de députés proches de Mboso.
Si le sort du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, ainsi que celui de cinq autres membres visés par des pétitions semble scellé, l’avenir des deux vice-présidents reste incertain. Officiellement épargnés jusqu’ici, ils ne bénéficient d’aucune garantie et pourraient à leur tour être emportés par la vague. Mieux, ils sont prêts à se neutraliser.
Le maintien ou non de Tshilumbayi et Mboso dépendrait, selon un député qui s’est confié à alternance.cd, de la stratégie adoptée par ce dernier. Mboso manœuvrerait pour faire écarter son collègue, avec le soutien politique et financier de deux membres influents du gouvernement. L’objectif : prendre seul les commandes du bureau intérimaire, afin de diriger à sa guise le processus d’examen des pétitions visant Kamerhe et les autres membres contestés.
La pétition contre le 1er vice-président est menée par le député Samuel Yumba. Les auteurs, une cinquantaine de députés nationaux, accusent Tshilumbayi de « son absence prolongée aux plénières » et de « sa complicité avec Vital Kamerhe pour étouffer les pétitions au sein de la commission spéciale ».
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Prenant au sérieux cette menace, le camp Tshilumbayi ne reste pas inactif. Un élu de l’UDPS/Tshisekedi affirme qu’une pétition contre Mboso est également en préparation et pourrait être introduite immédiatement après celle redoutée contre Tshilumbayi.
Ce jeu de contre-attaques par pétitions pourrait bien entraîner l’éviction des deux protagonistes et ouvrir la voie à l’installation d’un nouveau bureau provisoire. Ce dernier ne serait plus présidé par Mboso(pourtant doyen d’âge des députés) car dans un tel scénario, il serait jugé juge et partie.
Quelle pile électrique d’énergie pour l’octogénaire du Grand Bandundu à cet âge !
Pami Halele

