Le projet de construction d’un nouveau bâtiment à l’Institut supérieur d’architecture et d’urbanisme (ISAU), lancé il y a trois ans, s’apparente aujourd’hui à une véritable manne pour le comité de gestion. Plus de 950 000 dollars auraient été prélevés directement sur les frais académiques des étudiants. Pourtant, sur le terrain, aucune pierre n’a encore été posée.
Initialement présenté comme un projet ambitieux et bénéfique pour la communauté académique, ce chantier avait reçu l’approbation du comité de gestion. Selon des documents officiels consultés par alternance.cd, 20 % des frais académiques de chaque étudiant étaient destinés à financer cette construction.
Durant ces trois années, l’ISAU a enregistré environ 2 500 étudiants en pré licence, chacun versant 400 USD, et plus de 3 000 étudiants dans les classes montantes, payant chacun 350 USD. Tous ont contribué régulièrement à ce prélèvement de 20 %, destiné exclusivement à la réalisation du projet.
Un rapide calcul permet d’estimer les fonds mobilisés à plus de 900 000 dollars. Pourtant, à ce jour, aucune trace de travaux : ni fondation, ni matériaux, ni présence sur le chantier.
Ni le ministère de l’Enseignement supérieur, recherche scientifique et innovation, ni le comité de gestion de l’ISAU n’ont communiqué sur les raisons de cette inaction.
De leur côté, les étudiants s’impatientent. Certains, désormais diplômés, attendent toujours la concrétisation du projet auquel ils ont pourtant contribué financièrement.
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Face au silence des autorités, la colère monte. Des voix s’élèvent pour dénoncer ce qui apparaît comme un possible détournement de fonds et réclament l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire. D’autres appellent à l’intervention de l’Inspection générale des finances (IGF).
« Puisqu’il est clair que l’argent prélevé n’a pas servi à construire quoi que ce soit, qu’on nous dise au moins à quoi il a servi. C’est tout ce qu’on demande », s’indigne un groupe d’étudiants.
Contacté par la rédaction afin de recueillir sa version des faits, le comité de gestion a promis de réagir « dans un bref délai ». Sa réponse est vivement attendue.
Pami Halele

