Présenté comme favori pour succéder à Vital Kamerhe à la tête de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara voit surgir un concurrent de taille. Ce jeudi 23 octobre, Christophe Mboso Nkodia a annoncé son intention de briguer ce fauteuil, rendant la bataille plus âpre que prévu.
Quelques jours après sa démission du poste de ministre de l’Industrie et sa réintégration à l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara n’est plus le seul potentiel candidat au perchoir de la Chambre basse du Parlement.
Jusque-là deuxième vice-président, Christophe Mboso a pris tout le monde de court en annonçant ce jeudi qu’il se porterait candidat au poste de président de l’Assemblée nationale.
L’octogénaire de 83 ans met en avant son expérience et ses compétences. Il a rejeté l’objection liée à la géopolitique, estimant que seul le soutien du président de la République compte.
« Quelle géopolitique ? Nous sommes au Congo. Nous avons vingt-six provinces. Le chef de l’État choisit un Congolais à qui il veut confier des responsabilités. Moi, je ne prends la place de personne. Je ne veux pas non plus qu’à cause de moi on révoque quelqu’un. Chaque personne a droit au travail dans la mesure où vous répondez aux responsabilités que le chef de l’État vous a confiées. Je suis parmi les candidats. Je leur {aux députés nationaux} demande de me faire confiance », a expliqué Christophe Mboso.
Mais s’il veut réellement briguer le poste qu’il a occupé entre décembre 2020 et mai 2024, celui que l’on surnomme « Joe Biden » devra impérativement démissionner du poste de deuxième vice-président qu’il occupe actuellement.
Baudouin Mayo en embuscade
Ce même jeudi, Jean-Baudouin Mayo, cadre de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, tout comme Aimé Boji, a confirmé son intention de se porter candidat.
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Juriste de formation, ancien ministre du Budget et actuel président du Conseil d’administration de la Société nationale des hydrocarbures (Sonahydroc), il estime que ce poste revient de droit à son parti, premier allié du président de la République, Félix Tshisekedi.
L’USN récolte les candidatures
Pendant ce temps, l’Union sacrée de la Nation appelle les députés nationaux désireux de se porter candidats à la présidence de l’Assemblée nationale à déposer leurs dossiers auprès du secrétariat permanent.
« En prévision de l’élection très prochaine d’un nouveau président de l’Assemblée nationale, le professeur André Mbata Mangu, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation (USN), invite les Honorables députés membres de l’USN qui sont candidats à ce poste à déposer au secrétariat permanent, au plus tard le vendredi 24 octobre 2025 à 11h00, les dossiers complets de leurs candidatures comprenant notamment une lettre de motivation, un curriculum vitæ détaillé et deux (2) photos passeport », a écrit le professeur André Mbata dans un communiqué publié ce 23 octobre.
Il a précisé que « les dossiers reçus seront transmis à la Haute autorité politique de l’USN pour décision ».
Selon le secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, « le nom du candidat retenu et son dossier seront par la suite envoyés au Bureau de l’Assemblée nationale ».
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Cette procédure diffère de celle qui avait conduit Vital Kamerhe à la présidence de l’Assemblée nationale en 2024.
En effet, pour départager les différents prétendants, l’Union sacrée de la Nation avait organisé des primaires – une première dans l’histoire politique de la RDC – largement remportées par le leader de l’UNC avec 183 voix contre 113 pour Christophe Mboso, 69 pour Modeste Bahati et 7 bulletins blancs.
Une question se pose : pourquoi ne pas recourir, comme en avril 2024, à des primaires pour départager démocratiquement Aimé Boji, Christophe Mboso et Jean-Baudouin Mayo ?
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