L’heure est désormais à l’apaisement entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Les représentants des deux pays ont signé, ce vendredi 7 novembre 2025, à Washington, aux États-Unis, le Cadre d’intégration économique régionale (CIER). Étape décisive dans la normalisation de leurs relations, ce texte engage Kinshasa et Kigali à s’abstenir de tout discours ou propos belliqueux.
Deux chefs d’État qui s’insultent ? Le terme n’est pas excessif pour qui suit depuis trois ans le conflit opposant la RDC au Rwanda, soutien et parrain de la rébellion AFC/M23.
En effet, le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame se sont à plusieurs reprises livrés à des échanges d’invectives, par médias interposés ou lors de forums internationaux.
On se souvient notamment que l’un avait traité l’autre de « petit monsieur » incapable de le regarder dans les yeux, un « chef de guerre sanguinaire » qui s’enorgueillit, tandis que l’autre l’avait qualifié d’« idiot ». Et ces sorties ne furent ni les premières ni les dernières, encore moins les pires.
Tshisekedi a mis la balle à terre
Déterminé à mettre fin aux tensions et à œuvrer pour la paix et le développement dans la région des Grands Lacs, Félix Tshisekedi a adopté un ton conciliant.
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Lors de la deuxième édition du Global Gateway Forum, organisée par l’Union européenne à Bruxelles le 9 octobre dernier, il a invité Paul Kagame à « embrasser le chemin du dialogue » et à « placer la paix au-dessus des divergences ».
Réaffirmant sa volonté de dialogue et de coopération, le président congolais a annoncé la suspension temporaire de son plaidoyer en faveur de sanctions contre le Rwanda et exprimé sa disponibilité à discuter directement avec son homologue rwandais pour trouver une issue pacifique à la crise.
Un mois plus tard, la signature du CIER vient consacrer cette dynamique d’apaisement. Selon le texte publié par la diplomatie américaine, les deux parties s’engagent à s’abstenir de tout acte ou discours hostile, notamment de toute attaque politique ou de propos susceptibles de compromettre la mise en œuvre de l’accord de paix, y compris dans les forums internationaux.
À noter que ce Cadre jette les bases d’une coopération renforcée dans plusieurs secteurs clés tels que l’exploitation minière, les infrastructures, l’énergie, le développement industriel, l’agro-industrie, la santé publique ou encore le tourisme transfrontalier.
Robert Djanya

