En réaction à la longue lettre adressée aux peuples congolais et africain par Constant Mutamba depuis le lieu où il purge sa peine de trois ans de travaux forcés, Ntumba Wa Mukendi Nshimba, citoyen congolais, l’a sévèrement étrillé. Sans ménagement, celui qui se présente comme « expert en communication politique » et président du Mouvement du peuple pour la République (MPR- Rénové) a démoli l’ancien ministre de la Justice.
Selon lui, à force de s’autoproclamer « Croco de Lubao », Mutamba semble oublier qu’il existe aussi des caïmans. Il l’accuse d’esquiver ses responsabilités, notamment dans le détournement de fonds destinés à la construction d’une prison à Kisangani, en transformant ses fautes en persécution et la procédure judiciaire en complot.
Il a, en quelque sorte, tiré sur une ambulance.
Ci-dessous, l’uppercut signé Ntumba Wa Mukendi Nshimba en réponse à la lettre de 13 pages de Constant Mutamba. Il a envoyé cette réaction initialement à nos confrères de ScoopRDC.net.
Certes, le crocodile, dit-on, ne fuit pas les eaux boueuses. Mais encore faut-il savoir distinguer la boue de ses propres éclaboussures. Car à force de s’auto-proclamer “Croco de Lubao”, on oublie parfois qu’il existe aussi des caïmans… et que même les prédateurs apprennent un jour que la prudence est aussi une forme d’intelligence politique.
L’exercice auquel se livre Constant Mutamba, transformant chacune de ses erreurs en “persécution” et chaque procédure en “complot”, n’a rien d’une résistance héroïque. C’est plutôt une manière d’esquiver les responsabilités pourtant évidentes lorsqu’on occupe le prestigieux fauteuil de ministre de la Justice. Le rôle exige rigueur, méthode, humilité et respect strict des institutions pas des narrations dramatiques dignes d’un théâtre politique.
Oui, notre justice a des défis. Oui, elle doit être réformée avec courage. Mais ce pays n’a pas besoin que certains se fabriquent un destin de martyr continental dès que les règles ne tournent plus en leur faveur. La victimisation permanente n’a jamais guéri un seul système judiciaire, et encore moins construit un État solide.
Lorsqu’on a été averti, conseillé, invité à collaborer et rappelé au cadre institutionnel, on ne peut pas, après coup, crier à la « conspiration ». Une justice sérieuse n’est pas un étang privé où l’on choisit quand nager et quand se plaindre. Et contrairement à ce que certains voudraient faire croire, il ne suffit pas de brandir des références panafricaines ou des métaphores révolutionnaires pour effacer les faits.
Un crocodile ne craint pas la boue, dit-on. Mais même le crocodile sait éviter de provoquer le caïman qui garde l’étang. La politique n’est pas un terrain de bravoure individuelle, c’est un espace où règnent des règles, des méthodes et un sens élevé de responsabilité.
Ce pays n’a pas besoin de mythologies personnelles. Il n’a pas besoin de récits messianiques écrits depuis une cellule. Il a besoin d’institutions fortes, d’une justice crédible, d’un leadership humble et d’un État sérieux qui avance.
Au-delà des métaphores et des lamentations, une vérité demeure, la RDC mérite mieux que des fables politiques. Elle mérite une justice respectée, respectueuse et respectée par tous y compris par ceux qui, hier encore, étaient censés en être les garants.
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