C’est la confusion totale entre le gouvernement central et le gouvernement provincial de Kinshasa concernant la gestion des fonds alloués aux sinistrés des pluies et inondations d’avril 2025 dans la capitale. Sommé par le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, la sécurité, décentralisation et des affaires coutumières, Jacquemain Shabani, de fournir un rapport détaillé sur la prise en charge des sinistrés, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a décliné toute responsabilité, rappelant que c’est le ministre lui-même qui avait dirigé la gestion de cette crise.
« À l’issue de la crise humanitaire dont ont été victimes nos compatriotes lors des récentes pluies diluviennes, j’ai l’avantage, par la présente, de vous adresser mes félicitations pour la désactivation des sites ayant servi d’abris aux sinistrés. Toutefois, je vous rappelle notre devoir de redevabilité par la présentation d’un rapport détaillé sur la gestion de cette crise et sur l’utilisation des fonds mis à la disposition de la ville-province par le gouvernement central, dans un délai de 48 heures », a écrit Jacquemain Shabani à Daniel Bumba dans une correspondance rendue publique le 6 novembre.
La réaction musclée de Bumba
En réaction, le gouverneur de Kinshasa a répondu au ministre de l’Intérieur que la responsabilité d’élaborer ce rapport ne lui revenait pas.
Il a rappelé que le rôle principal de l’Hôtel de Ville avait consisté à évacuer en urgence les populations sinistrées pour leur transfert vers les centres d’hébergement mis à disposition par le chef de l’État.
« Par ailleurs, la Commission ad hoc mise en place pour la gestion de cette crise humanitaire a été placée sous votre autorité. Le gouvernement provincial de Kinshasa, représenté par le ministre provincial en charge de la Santé, a fait partie de la Commission interinstitutionnelle au sein de laquelle ont également siégé les délégués de la présidence, de la primature, du ministère de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, du ministère des Affaires sociales et actions humanitaires, du ministère de l’Environnement, de la CPAU, etc », a rétorqué Daniel Bumba dans sa lettre.
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Le gouverneur de Kinshasa a précisé que les services mandatés, à savoir la Cellule permanente d’alerte et d’urgence (CPAU) et, particulièrement, les services financiers du ministère de l’Intérieur, « sont à pied d’œuvre pour produire le rapport final des opérations y afférentes » attendu par tous.
Toutefois, il a promis que « s’agissant des tâches particulières lui dévolues, la ville de Kinshasa ne manquera pas de tirer de ce rapport les éléments appropriés » afin de présenter son propre rapport.
Des sinistrés toujours en colère
Entre-temps, depuis la fin du mois d’octobre dernier, les sinistrés des inondations du 4 et 5 avril multiplient les manifestations pour réclamer leurs indemnisations. Ils dénoncent des promesses non tenues par les autorités après avoir été délogés des sites d’hébergement aménagés au Stade des Martyrs, au Stade Tata Raphaël et à Maluku.
Certains affirment avoir reçu des montants dérisoires, tandis que d’autres disent n’avoir rien perçu du tout.
Le cafouillage entre le ministre de l’Intérieur et le gouverneur de Kinshasa illustre le flou persistant qui entoure ce dossier.
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