C’est la fin de l’anonymat numérique pour de nombreux membres de la propagande rwandaise qui inondent les réseaux sociaux en République démocratique du Congo. Avec le lancement, la semaine dernière, d’une nouvelle fonctionnalité de X (ex-Twitter) permettant aux utilisateurs d’accéder à davantage d’informations sur chaque compte, notamment l’emplacement du serveur de données et le nombre de modifications du nom d’utilisateur, plusieurs acteurs de l’« armée numérique » du Rwanda ont vu leur couverture voler en éclats.
Dans une déclaration solennelle, Nikita Puy, responsable des produits chez X, a annoncé une avancée majeure :
« Lorsque vous lisez le contenu en X, vous devriez être en mesure de vérifier son authenticité. Dans le cadre de cela, nous essayons d’afficher de nouvelles informations sur le profil, y compris le pays où se trouve le compte, entre autres détails ».
Testée depuis plusieurs semaines, la fonctionnalité est désormais opérationnelle dans plusieurs pays.

Très vite, des internautes congolais ont passé au crible plusieurs comptes publiant régulièrement des informations liées à la crise sécuritaire opposant la RDC au Rwanda. Les résultats sont sans appel : une majorité de comptes défendant ouvertement Kigali, soutien internationalement reconnu des rebelles de l’AFC/M23, sont effectivement basés au Rwanda.
Parmi eux figurent des particuliers non identifiés, mais aussi des journalistes Congolais.
Du Rwanda à un pays fictif

Certains de ces journalistes propagandistes, qui se présentent volontiers comme des « professionnels », essentiellement en raison de leur propension à exposer les défaillances de la gouvernance congolaise, ont rapidement tenté de masquer leur affiliation au pays de Paul Kagame.

Ce lundi 24 novembre, plusieurs d’entre eux ont ainsi remplacé la mention « Rwanda » par « Africa » comme localisation de leur compte.
Lire aussi Il a chié sur le Rapport Mapping: Patrick de Saint Exupéry, un journaliste français au service de Paul Kagame?
Une tentative de dissimulation qui soulève son lot d’ironie.
Démasqués, ces employés de Kigali ont, dans la précipitation, oublié qu’aucun État au monde ne porte le nom d’« Africa ».
Les utilisateurs de ces comptes dédiés à la diffusion de la propagande rwandaise gagneraient pourtant à assumer publiquement leur positionnement, à l’instar de leurs collègues propagandistes pro-RDC, journalistes ou non, qui ne se cachent pas derrière des identités anonymes pour dénoncer « le poison rwandais ».
Jean Pérou Kabouira

