Attendu jeudi 4 décembre à Washington pour la signature de l’accord de paix entériné le 27 juin avec son homologue rwandais Paul Kagame, le président de la République démocratique du Congo a confirmé qu’il effectuerait bien le déplacement. Devant la diaspora congolaise, ce vendredi 28 novembre à Belgrade, en Serbie, Félix Tshisekedi a levé les zones d’ombre entourant l’accord à signer entre la RDC et le Rwanda.
Dans la capitale américaine, les présidents congolais et rwandais apposeront leurs signatures sur l’accord de paix, censé mettre fin à la crise sécuritaire et diplomatique qui les oppose, ainsi que sur l’accord-cadre d’intégration économique.
Face aux inquiétudes d’une partie de l’opinion congolaise, désireuse d’en savoir davantage sur le contenu des documents qui seront signés, Félix Tshisekedi a assuré que tout se fera dans la transparence.
« Je me rendrai à Washington pour entériner l’accord signé avec le Rwanda sous l’égide des États-Unis et qui a déjà été rendu public en toute transparence. Mais ne vous laissez pas berner : on ne fera ni brassage ni mixage », a-t-il déclaré.
L’intégration régionale, son combat trahi
Évoquant l’accord d’intégration, il a rappelé qu’il s’agit d’un cadre d’investissements conjoints entre la RDC et le Rwanda, un projet qu’il dit avoir porté depuis son arrivée au pouvoir.
« Concernant l’accord d’intégration régionale, sachez qu’il n’y a rien de nouveau. L’intégration régionale, c’est tout ce que j’ai désiré dès mon accession au pouvoir, mais ils nous ont poignardé dans le dos en 2022 », a rappelé Félix Tshisekedi.
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Alors que l’impact réel de l’accord de paix sur le terrain demeure incertain, le chef de l’État a précisé qu’aucun investissement conjoint ne sera possible tant que la paix ne sera pas rétablie.
« Le respect des accords implique le respect de la souveraineté de notre pays, le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et le rétablissement de la confiance mutuelle. On ne fait pas de commerce régional sans paix ni confiance rétablie », a-t-il insisté devant la diaspora en Serbie.
Quel impact sur le terrain aux Kivu?
Cependant, le président rwandais semble continuer d’ignorer certains engagements pris à Washington, notamment en tenant un discours jugé belliqueux.
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Par ailleurs, les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par Kigali, poursuivent la conquête de nouveaux territoires, malgré les engagements pris à Doha et ceux réaffirmés par le Rwanda aux États-Unis.
De quoi alimenter les doutes de nombreux Congolais, qui craignent que la signature de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda ne produise que peu d’effets sur la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Jean Pérou Kabouira

