La République démocratique du Congo a signé, ce jeudi 4 décembre, à Washington, une série d’accords de paix et de coopération économique. Le plus attendu était celui conclu avec le Rwanda, sous l’égide du président américain Donald Trump, censé ouvrir la voie à la fin d’un conflit qui ravage l’est de la RDC depuis trois décennies. Vital Kamerhe a salué cette avancée, exprimant son optimisme quant à une cessation définitive des hostilités et à l’émergence d’une prospérité régionale.
Présenté comme un moment historique, l’événement pourrait marquer un tournant majeur pour la région des Grands Lacs, éprouvée depuis plus de trente ans par des cycles de violences, dont l’actuelle offensive des rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda. Kinshasa et Kigali ont cette fois décidé de clore cette longue parenthèse d’instabilité.
Sous la médiation des États-Unis, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont paraphé l’accord en présence de plusieurs chefs d’État, dont l’Américain Trump, le Kényan William Ruto, le Burundais Évariste Ndayishimiye et l’Angolais João Lourenço.
Le chef de l’État congolais a, dans son adresse, réaffirmé l’engagement ferme de son pays à respecter les obligations issues de ces accords et appelé le Rwanda à faire preuve de la même sincérité.
« La République démocratique du Congo prend ici l’engagement solennel de mettre en œuvre, en toute sincérité, l’ensemble des obligations qui découlent de ces Accords. Nous le ferons avec sérieux, avec rigueur et avec le souci constant de la paix, de la sécurité de nos populations, de l’unité et de l’intégrité de notre territoire. Nous espérons, avec le même sérieux, que la République du Rwanda respectera, elle aussi, pleinement la lettre et l’esprit des engagements pris», a déclaré Félix Tshisekedi.
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De son côté, Paul Kagame a rappelé que toutes les tentatives de médiation sont restées sans effet, estimant que l’approche impartiale et pragmatique de Donald Trump avait permis de créer un espace propice aux avancées et de tourner la page.
« Ce conflit dure depuis trente ans. Nous avons vu d’innombrables tentatives de médiation, mais aucune n’a permis de résoudre les problèmes de fond. Le président Trump a insufflé un dynamisme nouveau et efficace, créant ainsi un espace propice aux avancées. Son approche est impartiale, sans jamais prendre parti. Plus important encore, l’approche du président Trump est pragmatique. Le processus n’est pas une fin en soi. Il nous appartient, en Afrique, de consolider et d’étendre cette paix. Le chemin à parcourir sera semé d’embûches, cela ne fait aucun doute. Le Rwanda ne sera pas en reste. Je vous l’assure. Notre seul objectif est, et a toujours été, que notre pays soit sûr et stable, après avoir enduré tant de tragédies. Nous voulons désormais nous tourner vers l’avenir, confiants en un avenir prospère et stable », a déclaré Paul Kagame lors de la signature de l’accord de paix entre son pays et la RDC.
Un tournant décisif porteur d’espoir

Réagissant à la signature des accords de Washington, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, y voit le couronnement de l’action diplomatique menée par Félix Tshisekedi depuis plusieurs années.
« Je salue la signature, ce jour, de l’accord de paix de Washington, qui couronne l’intense action diplomatique menée par le chef de l’État, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans le long et exigeant processus visant à restaurer une paix durable à l’est de la République démocratique du Congo, région injustement martyrisée par l’insécurité depuis près de trente ans », a-t-il écrit dans sa déclaration.
Pour le leader du parti politique UNC, « ce tournant décisif porte l’espoir non seulement de faire taire définitivement les armes, mais aussi de construire une prospérité véritablement partagée ».
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Fervent partisan des solutions pacifiques aux crises sécuritaires, l’ancien directeur de cabinet du chef de l’État affirme croire à la bonne foi des différentes parties.
« La RDC a déjà prouvé sa bonne foi, sa détermination à avancer et la sincérité de ses engagements. Je teste convaincu que toutes les parties prenantes sauront saisir cette opportunité historique pour la concrétiser pleinement: libérer enfin nos populations-en particulier les femmes et les jeunes-de la peur de la guerre et du terrorisme, afin qu’elles puissent contribuer de tout leur potentiel à la prospérité de notre nation et à l’émergence du continent africain « , a conclu Vital Kamerhe.
Junior Lomanga

