Après la chute d’Uvira, deuxième ville et chef-lieu provisoire du Sud-Kivu, tombée entre les mains de l’AFC/M23 et l’armée rwandaise, l’Union sacrée de la nation a dévoilé sa riposte. Dans un communiqué publié ce jeudi 11 décembre 2025, le secrétaire permanent de la plateforme politique qui soutient le président de la République, le professeur André Mbata, a annoncé l’organisation d’une marche pacifique générale.
Prévue le 19 décembre, cette mobilisation entend dénoncer l’agression rwandaise, appeler la communauté internationale à agir, remercier le président américain Donald Trump pour sa solidarité et manifester un soutien au chef de l’État Félix Tshisekedi.
La réaction de l’Union sacrée face à la détérioration de la situation sécuritaire au Sud-Kivu surprend. Après l’offensive fulgurante menée par l’AFC/M23 et l’armée rwandaise, qui s’est soldée par la prise de la ville stratégique d’Uvira, la plateforme présidentielle choisit de répondre par une mobilisation de rue.
« Au lendemain de la prise de la ville d’Uvira par les troupes rwandaises et leurs supplétifs de AFC/M23 poursuivant leurs activités criminelles à l’Est de notre pays en violation flagrante des principes du droit international qui régissent les Nations civilisées et des récents accords de Doha et de Washington, le secrétariat permanent de l’Union sacrée de la nation (USN) appelle tous les patriotes congolais à une mobilisation totale pour une marche pacifique générale le vendredi 19 décembre 2025 », annonce André Mbata.
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Il précise que cette marche poursuit plusieurs objectifs : protester contre le Rwanda, exhorter la communauté internationale, en particulier les États membres de l’ONU, dont les États-Unis et le Qatar, à « passer du financement de simples déclarations d’intention aux actes en infligeant des sanctions effectivement au Rwanda ».
L’USN souhaite également remercier le président américain Donald Trump « pour sa solidarité avec le peuple congolais à travers sa détermination à mettre fin à une agression rwandaise qui a occasionné plusieurs millions de morts depuis trois décennies, tout en lui demandant de prendre des sanctions contre le Rwanda ».
L’Union sacrée entend en outre, à travers cette marche, exprimer son soutien à sa haute autorité politique, le président Félix Tshisekedi, « pour ses efforts inlassables en vue de ramener la paix » en RDC, défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays, « ainsi que pour sa diplomatie qui a permis de dénuder le président rwandais Paul Kagame en mettant fin à sa dialectique mensongère ».
Risque d’aggraver la vulnérabilité des populations des zones occupées
Parmi les autres objectifs évoqués figure la volonté de saluer le courage des FARDC et des Wazalendo, de témoigner la solidarité nationale envers les populations de l’Est victimes d’exactions, et d’appeler la population à rester debout et vigilante jusqu’à la victoire finale.
« Cette marche pacifique, avec banderoles, pancartes et calicots attestant notre amour pour la patrie, aura lieu dans la ville de Kinshasa, capitale de la République, dans tous les chefs-lieux des provinces, y compris dans les territoires occupés, ainsi que dans la diaspora, particulièrement dans les pays étrangers qui ont reçu un grand nombre de nos compatriotes comme l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Angola, la Belgique, le Burundi, le Canada, la Chine, le Congo, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, le Kenya, Luxembourg, les Pays-Bas, l’Ouganda, la Russie et la Tanzanie », conclut le communiqué.
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Reste que l’appel d’André Mbata soulève des interrogations. Tous les membres du gouvernement appartiennent à l’Union sacrée : c’est donc à eux qu’incombe la responsabilité de mobiliser les services compétents pour faire face à l’AFC/M23 et à l’armée rwandaise.
Par ailleurs, encourager les populations vivant dans des territoires occupés à manifester revient à les exposer dangereusement, voire à les envoyer au mouroir, les rebelles ayant la gâchette facile.
Jean Pérou Kabouira

