La première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a brisé le silence après la prise de la ville d’Uvira par les rebelles de l’AFC/M23 appuyés par l’armée rwandaise. Elle a exprimé sa solidarité envers les populations meurtries, notamment les femmes victimes de violences. Une réaction qui, toutefois, rassure bien moins que l’action concrète attendue du gouvernement qu’elle dirige.
Un gouvernement qui dénonce davantage qu’il n’agit pour sécuriser sa population ? Les autorités congolaises ne surprennent plus mais continuent de choquer par leur posture résolument plaintive.
Comme lors de la chute de Goma en janvier dernier, puis de Bukavu, le gouvernement multiplie réunions d’urgence et déclarations, sans que cela ne change la réalité sur le terrain après la perte d’Uvira, chef-lieu provisoire et deuxième ville du Sud-Kivu.
La cheffe du gouvernement a, elle aussi, réagi en dénonçant une fois de plus la violation des accords de Washington par le Rwanda.
« En ces heures sombres où notre nation est agressée par l’intensification des combats menés par le Rwanda, en violation des accords de Washington, mon cœur se tourne vers nos populations meurtries de l’Est. J’entends leurs souffrances, je partage leurs larmes, et je veux leur dire qu’ils ne sont pas seuls. Chaque famille touchée, chaque déplacé, chaque enfant arraché à son foyer est dans nos pensées et dans notre combat », écrit Judith Suminwa dans une publication ce vendredi 12 décembre sur son compte X officiel.
Un gouvernement qui tweete plus qu’il n’agit
Alors que les congolais espèrent une riposte à la hauteur de la gravité de la situation, la première ministre se contente d’appeler à protéger les civils.
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« Face à cette barbarie, je lance un appel vibrant pour la protection de nos civils. Le gouvernement est résolu à leur porter assistance, à garantir leur sécurité et à ramener une paix véritable et durable sur l’ensemble du territoire national. Aux côtés du président de la République, chef de l’État, commandant suprême des Forces armées et de la Police nationale, je rends hommage à nos vaillants FARDC et aux patriotes Wazalendo. Leur courage, leur détermination et leur sacrifice sont le bouclier de notre souveraineté. Ils défendent notre terre, notre dignité et notre avenir face à ceux qui refusent de respecter la paix », a-t-elle ajouté.
Et de conclure : « aujourd’hui plus que jamais, nous devons rester unis, solidaires et confiants. Car malgré la douleur, malgré les épreuves, la paix reviendra, et notre peuple se relèvera ».
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Question essentielle : Judith Suminwa Tuluka est-elle réellement convaincue que les populations meurtries d’Uvira et des environs seront soulagées par un message publié sur un réseau social (X) auquel une infime partie d’entre elles a accès ?
Bien plus, si la cheffe du gouvernement, censée donner l’impulsion et les instructions à ses ministres pour agir, se contente de se lamenter en ligne, sur qui compte-t-elle pour sauver le pays ?
Pami Halele

