Les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par l’armée rwandaise, ont sommé les habitants de Kateku, situé dans le groupement Ikobo, territoire de Walikale, de quitter leur village. Ils leur ont accordé un ultimatum de trois jours pour s’exécuter.
Selon des sources locales, les responsables locaux de l’AFC/M23 justifieraient cette mesure par la nécessité de créer un couloir vide afin d’empêcher le passage des Wazalendo, qui selon eux, emprunteraient cette zone pour attaquer leurs positions à Ikobo.
Mais pour la société civile de Walikale, cet argument n’est qu’un prétexte visant à remplacer la population autochtone de Kateku par des habitants venus d’ailleurs.
« Nous avons été alertés que les rebelles recourent au remplacement ethnique de certains villages. Ils ont déjà procédé de la sorte à Chanjikiro, où les habitants ont été sommés de quitter leur village pour se réfugier dans la chefferie de Bwito. Quelques jours après ce déplacement forcé, leur village a été occupé par des centaines de personnes d’origine inconnue, parlant une autre langue », a confié à alternance.cd un membre de la société civile locale.
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La même source déplore que les rebelles de l’AFC/M23 ne se préoccupent guère du sort des populations chassées de leurs villages et de leurs champs, pourtant leur unique moyen de subsistance.
Par ailleurs, l’ultimatum fixé à la population de Kateku expirant ce samedi 13 décembre, nos sources signalent que plusieurs familles ont déjà pris la route, parfois sans savoir où aller ni ce qui les attend.
Jean Pérou Kabouira
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