Home Nation Communication d’État : Félix Tshisekedi demande aux officiels de se documenter avant toute sortie médiatique

Communication d’État : Félix Tshisekedi demande aux officiels de se documenter avant toute sortie médiatique

8 min read
0
0


Le président de la République, Félix Tshisekedi, est revenu, lors de la soixante-treizième réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue le vendredi 2 janvier 2026, sur le dérapage verbal du porte-parole des FARDC en lien avec la communauté tutsie. Tirant les leçons de cet incident, le chef de l’État a donné des directives claires au gouvernement afin d’éviter de nouvelles sorties médiatiques officielles mal maîtrisées.

D’après le compte rendu de cette réunion du Conseil des ministres, le président de la République a rappelé que la parole publique engage la crédibilité et l’autorité morale de l’État, appelées à rassembler la Nation et à préserver durablement la cohésion nationale. À ce titre, toute prise de parole d’un responsable public doit être empreinte de retenue, de responsabilité et d’un sens élevé de l’intérêt supérieur de la République.
« À cet égard, il a suivi avec une attention particulière la récente sortie médiatique du porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo, diffusée sur la chaîne nationale, au cours de laquelle des propos à caractère méprisant et stigmatisant ont été tenus à l’endroit des femmes de la communauté tutsie. Le président de la République a déploré vivement cette dérive de langage, qui ne reflète ni les valeurs républicaines, ni l’éthique de responsabilité, ni la hauteur de vue attendue de toute prise de parole officielle, a fortiori lorsqu’elle émane d’un membre d’une institution aussi sensible et stratégique que l’armée nationale », a rapporté le ministre de la Communication et médias dans le compte rendu du Conseil des ministres.

Le document indique également que le chef de l’État a dit approuver les mesures prises à l’encontre du porte-parole des FARDC, tout en rappelant avec insistance que la parole de l’État ne saurait être improvisée, émotionnelle ou approximative.

Félix Tshisekedi a, à ce propos, appelé les membres du gouvernement, les responsables civils et militaires, ainsi que l’ensemble des acteurs de la communication publique, à éviter toute sortie médiatique incontrôlée, en particulier sur des sujets sensibles touchant à la défense nationale, à la sécurité, à la cohésion sociale et aux relations internationales.

Lire aussi 
Justice : chaudes escarmouches verbales entre le syndicat des magistrats et Constant Mutamba

Pour le président de la République, la parole publique doit demeurer un instrument de rassemblement, de stabilité et de confiance, et non une source de confusion ou de division.
« Le président de la République a encouragé, par ailleurs, chaque responsable appelé à s’exprimer publiquement au nom de l’État à se documenter rigoureusement, à maîtriser pleinement les enjeux des dossiers abordés et à mesurer avec discernement la portée de ses propos, afin de préserver l’unité nationale, la dignité des institutions et la confiance légitime des citoyens dans l’action publique », précise le compte rendu du Conseil des ministres.

Le ministre de la Communication placé devant ses responsabilités

Afin de prévenir des manquements similaires à celui ayant conduit à la suspension du porte-parole de l’armée nationale, le président de la République a rappelé au ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, son instruction relative à la mise en place d’un mécanisme formel de concertation préalable. Celui-ci devra encadrer toute sortie médiatique diffusée sur la chaîne nationale ou sur tout autre média, dès lors qu’elle porte sur des questions délicates engageant directement l’État, en association avec le conseiller spécial en matière de communication, les services de communication de la Primature, de l’état-major général des FARDC ainsi que ceux de la Police nationale congolaise.

Lire également
RDC: le gouvernement Sunimwa en séminaire du 21 au 23 juillet

Pour rappel, le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, avait affirmé, lors d’une intervention sur la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC), que des femmes tutsies utiliseraient un « stratagème » consistant, selon lui, à miser sur la natalité afin d’assurer une « suprématie » démographique. Il avait, à cette occasion, mis en garde les Congolais contre les mariages avec des femmes d’origine tutsie.

A la suite de cette sortie controversée, il a été suspendu par le chef d’état-major général des FARDC.

Le directeur des informations intérimaire de la RTNC, Oscar Mbal, a également été suspendu par la direction générale pour avoir laissé passer ces propos jugés « xénophobes ».

Anny Kanyama

Load More Related Articles
Load More By Admin
Load More In Nation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Check Also

Walikale : une position de l’AFC/M23 détruite à Buleusa

Les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par l’armée rwandaise, ont essuyé un revers à Bu…