La situation humanitaire des déplacés du territoire de Kwamouth, installés à Bandundu, dans la province du Kwilu, est alarmante. Des milliers de personnes ayant fui les violences perpétrées par les miliciens Mobondo, à la suite du conflit interethnique Teke-Yaka, vivent sans assistance et enregistrent des décès presque chaque semaine.
Ayant tout abandonné dans leurs villages de Kwamouth, dans la province du Maï-Ndombe, ces populations se sont réfugiées à Bandundu avec femmes et enfants. Hébergés dans des écoles, des églises, des familles d’accueil ainsi que sur un site mis à leur disposition, ces déplacés se disent aujourd’hui livrés à eux-mêmes.
Conséquence directe de cette précarité : au moins 170 déplacés auraient déjà perdu la vie. Le jeudi 8 janvier 2026, trois décès ont encore été enregistrés.
Selon le responsable du Collectif des déplacés du site de Bandundu, François Tabuku, les corps ont été enterrés le jour même, faute de moyens pour les conserver à la morgue.
Plus grave encore, une cotisation a dû être organisée parmi les déplacés, pourtant déjà démunis, afin de pouvoir acheter des cercueils.
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Interrogé sur cette situation, un ministre provincial du Kwilu reconnaît que la province est dépassée par l’ampleur de la crise.
« La dernière et véritable assistance du gouvernement central en faveur des déplacés de Bandundu remonte à octobre 2022. Depuis lors, plus rien. Et même à cette époque, l’aide constituée de vivres, non-vivres et une modeste somme d’argent, n’avait concerné que 500 ménages, sur plus de 800 officiellement enregistrés. Aujourd’hui, on dénombre plus de 1 000 ménages », confie-t-il sous couvert d’anonymat.
Il précise toutefois que, malgré des moyens limités, le gouvernement provincial du Kwilu a continué à soutenir les déplacés jusqu’à la fin de l’année 2024.
« Nous voulons leur venir en aide, mais les capacités de la province restent très faibles. Presque chaque mois, nous voyons le gouvernement central assister des déplacés dans d’autres provinces. Nous nous demandons pourquoi ceux qui se trouvent chez nous semblent oubliés », a-t-il conclu.
Anny Kanyama

