« Cette guerre n’est pas celle d’un régime. Deux chefs d’État congolais en sont morts (Joseph Désiré Mobutu et Laurent Désiré Kabila) et des millions de congolais en ont été victimes. Les soldats qui tombent au front sont vos frères, vos cousins, nos frères et nos cousins ». C’est en ces termes que le ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a conclu son exposé, ce mardi 13 janvier, lors d’une rencontre organisée par l’Asbl Dialogue intergénérationnel au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa.
Intervenant dans le deuxième panel, il a indiqué que les ressources mobilisées pour faire face à la guerre d’agression imposée à la République démocratique du Congo pourraient, une fois la paix rétablie, être réorientées vers le bien-être social, la santé et l’éducation des populations. À cette occasion, il a développé le sous-thème : « Processus de Doha et de Washington : vers une paix durable ? Analyse des rapports de force et des acteurs clés ».

Devant une assistance constituée essentiellement de jeunes, le ministre de la Communication et médias a décortiqué les accords de Doha et de Washington, dans lesquels le président de la République, Félix Tshisekedi, et son gouvernement sont pleinement engagés en vue du retour définitif de la paix dans l’Est de la RDC et d’un développement économique durable.
« Dans l’accord de paix, nos lignes rouges ont été respectées. Aucun centimètre carré de notre territoire ne sera cédé », a-t-il précisé, indiquant qu’à Washington, les discussions ont porté à la fois sur la dimension régionale de la paix et sur un partenariat stratégique bilatéral.
Il a, par ailleurs, insisté sur le fait que la sécurité constitue un préalable indispensable à toute intégration économique régionale durable.
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Qu’il s’agisse des accords de Washington ou de la déclaration de principes de Doha, assortie de huit préalables, dont le cessez-le-feu et les échanges de prisonniers constituent les premières avancées, Patrick Muyaya a assuré que « ces textes sont publics » et qu’« aucun accord dans le cadre de Doha ou de Washington n’est secret ».
Les FDLR et le M23, fruits de la volonté du Rwanda

Le porte-parole du gouvernement a vigoureusement dénoncé le soutien du Rwanda aux groupes armés opérant sur le territoire congolais.
« Les FDLR comme le M23 n’existent que par la volonté du Rwanda, et leurs avancées ne sont possibles que parce que certains congolais trahissent leur pays », a-t-il affirmé, en rejetant les accusations de discours de haine au sein de la société congolaise.

Il a expliqué que l’impasse des initiatives régionales avait conduit à une intensification des violences, avant l’adoption de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, laquelle a ouvert la voie à un dialogue encadré en exigeant notamment le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.
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« C’est dans ce contexte que, le 18 mars, le président de la République s’est retrouvé face à son homologue rwandais, sous l’égide de l’Émir du Qatar », a indiqué Patrick Muyaya.
La jeunesse appelée à un engagement citoyen
Le porte-parole du gouvernement a rappelé que dès son accession à la magistrature suprême, le chef de l’État Félix Tshisekedi a fait le choix de « se tourner vers l’avenir », en multipliant les initiatives diplomatiques auprès des neuf pays voisins de la RDC, dans une logique de coopération régionale et de transparence, notamment à travers l’adhésion à la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) en 2022.
« Nous n’avons pas de problème avec le peuple rwandais. Notre différend est avec le régime rwandais, porté par le président Kagame », a souligné Patrick Muyaya.
Il a invité ses auditeurs à faire de l’engagement citoyen un véritable levier de paix durable.
« Cette guerre d’agression n’est pas faite contre le président de la République, mais contre tous les congolais. Elle nous est injustement imposée par le Rwanda pour asseoir son modèle économique », a-t-il déclaré.
Et de poursuivre :
« On ne fait jamais carrière dans la jeunesse. Les responsabilités s’assument dans le temps, à travers des institutions organisées ».
Anny Kanyama

