Après plusieurs semaines d’occupation par l’AFC/M23, la ville d’Uvira est désormais officiellement sous le contrôle de l’armée nationale.
Dans un communiqué publié lundi 19 janvier, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont annoncé avoir repris, dimanche 18 janvier, le contrôle de cette ville du Sud-Kivu, « après le retrait de l’armée rwandaise et ses supplétifs de l’AFC/M23 ».
Les FARDC ont également fait état de l’interpellation d’« une vingtaine de civils pillards » et confirmé leur déploiement effectif dans la ville afin d’y assurer la sécurité.
A la suite de cette reprise, la première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a présidé une réunion d’urgence de haut niveau en vue de coordonner la réponse humanitaire, sécuritaire et judiciaire du gouvernement.
À l’issue de cette réunion, le gouvernement a notamment décidé de mettre en place, sous l’autorité de la première ministre, une coordination interministérielle immédiate, de prioriser la restauration progressive de l’autorité de l’État et la sécurisation de la ville, ainsi que d’assurer la prise en charge humanitaire de plus de 267 000 réfugiés congolais dans les pays voisins.
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Il a également été décidé de préparer le retour des populations déplacées, sous réserve d’évaluations sécuritaires et sociales, et de réaffirmer un engagement ferme contre l’impunité, en vue de renforcer la cohésion nationale.
Un développement ponctuel
Pour le gouvernement, le retrait des rebelles et de l’armée rwandaise d’Uvira ne constitue qu’une étape vers le retrait total des forces qualifiées d’agresseurs.
« Le gouvernement tient à préciser que le retrait d’Uvira constitue un développement ponctuel, mais ne saurait être considéré comme la fin de l’agression, ni comme une modification substantielle de la situation sécuritaire générale. La seule perspective acceptable demeure le départ total, effectif et sans condition des forces rwandaises et de leurs supplétifs de l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, aux engagements pris dans le cadre de l’accord de Washington du 27 juin 2025 et au processus de Doha », a expliqué le ministère de la Communication et médias dans un communiqué.
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Le gouvernement appelle par ailleurs l’ensemble de la population au calme, à la retenue et au sens de responsabilité.
« Il invite chacun à éviter de tomber dans le piège de la manipulation, de la désinformation ou du discours de stigmatisation susceptibles d’alimenter les tensions et de servir les intérêts de l’ennemi », poursuit le communiqué.
Junior Lomanga

