Arrêté depuis le 5 janvier dernier, Nathanaël Onokomba a été auditionné pour la première fois ce mercredi 21 janvier 2026. À cette occasion, le jeune opposant, transféré à la prison militaire de Ndolo après avoir été gardé pendant plusieurs jours dans un lieu tenu secret, aurait été informé par un magistrat de l’auditorat militaire supérieur de Kinshasa/Gombe des motifs de son arrestation.
Selon une source proche du dossier, qui s’est confiée à Alternance.cd, l’audition s’est déroulée en présence des avocats du prévenu. Ces derniers ont aussitôt dénoncé la détention qu’ils jugent irrégulière de leur client ainsi que la violation de ses droits, avant de solliciter sa mise en liberté provisoire.
Ils ont soutenu que le risque de fuite n’est pas à craindre.
L’information a été confirmée par maître Godefroid Mwanabwato, l’un des avocats de Nathanaël Onokomba.
« Le premier élément à relever, ce sont les irrégularités relevées ayant entouré son arrestation. Et consécutivement à cela, nous avons exigé à ce que soient considérés comme nuls et nul effet tous les procès-verbaux qu’on lui a fait signer de force, sous pression et sous torture au niveau du Conseil national de Cyberdéfense. Et ce n’est qu’aujourd’hui qu’il a répondu aux questions du magistrat. Et son audition a porté sur ses opinions, les opinions médiatiques, notamment le tweet dans lequel il a paraphrasé de manière sarcastique l’accord de Washington. Tout a tourné autour de ça. Et il a répondu très clairement qu’il s’agissait d’un tweet qui a paraphrasé l’accord et que ce n’était pas une affirmation venant de lui », a-t-il expliqué, dans des propos relayés par nos confrères d’Actualité.cd.
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Figure montante de la scène politique congolaise, Nathanaël Onokomba se présente comme le leader de la « jeunesse extra-système », qu’il estime marginalisée dans l’accès aux opportunités offertes par les institutions et dans le partage des richesses nationales.
Depuis des mois, il multiplie les sorties médiatiques et les conférences, tant à Kinshasa que dans les provinces, de sa propre initiative ou à l’invitation d’organisations de jeunesse, d’associations étudiantes et d’autres structures.
Ancien secrétaire général du parti politique Piste pour l’émergence, il n’a pas suivi son ancien leader, Seth Kikuni, au sein de la plateforme Sauvons la RDC, dirigée par l’ancien président Joseph Kabila.
Habitant le district populaire de la Tshangu, dans l’est de Kinshasa, sa popularité est en nette progression, portée par des positions jugées populistes, qui trouvent un écho favorable auprès d’une jeunesse se disant abandonnée par les systèmes politiques successifs en République démocratique du Congo.
Pami Halele
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