Les premiers diplômés en gestion du cycle électoral de l’École de formation électorale en Afrique centrale (EFEAC) ont reçu officiellement leurs diplômes de master (maîtrise), ce jeudi 29 janvier 2026, lors d’une cérémonie de collation des grades académiques organisée dans la salle des congrès du Palais du peuple.
Représentant le président de la République, le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a exprimé les attentes du gouvernement à l’égard de ces nouveaux experts, appelés à apporter des innovations dans l’organisation des prochains cycles électoraux en République démocratique du Congo et dans d’autres pays de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).
Avec le Collège des hautes études de stratégie et de défense (CHESD), l’EFEAC est l’une des deux écoles spécialisées créées par la CEEAC pour former des experts de haut niveau, respectivement dans les domaines de la défense et des questions électorales.
Toutefois, l’EFEAC semble ne pas bénéficier, à ce jour, du soutien institutionnel à la hauteur de son rang, tant de la part du gouvernement congolais que de l’organisation sous-régionale dont elle émane.
Qu’à cela ne tienne, son directeur général, le professeur docteur Christoph Stueckelberger, et l’ensemble du comité de gestion ont, avec les moyens de bord, relevé le défi de former une première vague de lauréats dans six mentions : Genre, élections et participation de la femme ; Administration électorale ; Planification électorale ; Droit électoral ; Observation et surveillance électorale ; ainsi que Communication électorale.

Parmi les diplômés figurent plusieurs officiels, dont le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, ainsi que deux membres du bureau de la CENI dont la rapporteure adjointe. Il a des ressortissants d’autres pays de la CEEAC.
Les attentes du comité de gestion
Dans son discours, lu par le secrétaire général administratif, le directeur général de l’EFEAC a rendu hommage au président de la République pour avoir accepté de placer la cérémonie de collation des grades académiques sous son haut patronage. Il a également remercié le vice-Premier ministre de l’Intérieur, la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, recherche scientifique et innovation technologique, ainsi que le président de l’Assemblée nationale, pour avoir favorablement répondu à la demande de mise à disposition de la salle des congrès.
« Nous voudrions rappeler que la République démocratique du Congo est parmi les pays fondateurs de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale. À son tour, la CEEAC a créé l’EFEAC et l’a instituée comme l’un des centres d’excellence de la composante civile pour former les experts électoraux et vendre son expertise en dehors de l’Afrique », a-t-il rappelé.
Il a souligné que les experts électoraux de la RDC ont déjà exporté leur savoir-faire dans plusieurs pays, notamment le Burkina Faso, le Bénin, le Soudan, ainsi que d’autres États du continent.
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Le DG de l’EFEAC a, par ailleurs, sollicité l’implication personnelle du chef de l’État pour la prise en charge du personnel et le fonctionnement de cette institution académique.
« Avec l’avènement du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, champion de la masculinité positive, adepte de l’État de droit formé à l’école de la démocratie, l’EFEAC pense qu’elle fonctionne dans un environnement favorable comme un soft power à prendre en considération. En tant que président de la République ayant accepté de mettre cette cérémonie sous son haut patronage, et en tant que père, l’EFEAC sollicite la reconnaissance d’un statut spécial diplomatique en RDC, la prise en charge du personnel et de son fonctionnement, l’acquisition des infrastructures dignes d’un centre d’excellence, l’accompagnement politique nécessaire pour rayonner en Afrique et dans le monde, en tant que seule école spécialisée dans le domaine électoral. Ce sera un grand héritage que le président de la République laissera à la postérité en RDC, en Afrique et dans le monde », a déclaré le Pr Dr. Christoph Stueckelberger, dans des propos lus par le secrétaire général administratif.
Les assurances de Jacquemain Shabani
Selon le professeur Christoph Stueckelberger, cette prestigieuse institution est parvenue à une phase de maturité, avec « un corps professoral tiré au volet, constitué des docteurs à thèse et quatre experts ayant une expérience de terrain ».
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Il a précisé que l’EFEAC emploie actuellement 23 enseignants et experts de plusieurs nationalités, dont 14 Congolais, 4 Camerounais, 3 Suisses, 1 Canadien et 1 Bulgare. Parmi eux figurent quatre femmes.

S’agissant des perspectives d’avenir, l’École de formation électorale en Afrique centrale ambitionne de devenir une école électorale pour l’ensemble du continent, sous l’appellation d’ « École de formation électorale en Afrique continentale ». Pour atteindre cet objectif panafricain, l’institution mise sur des infrastructures renforcées, visibles et adaptées à son statut. Elle œuvre également pour la reconnaissance officielle de l’Ordre national et international des experts électoraux.

Après la remise des diplômes homologués aux 78 lauréats, le vice-premier ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, en sa qualité de tutelle, a exprimé la volonté du gouvernement de doter l’EFEAC d’un siège correspondant à son statut de centre régional d’excellence.

Jacquemain Shabani a exhorté les nouveaux experts électoraux internationaux certifiés à faire honneur à la RDC et à la CEEAC, en contribuant à des réformes électorales innovantes.
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Il a également fait part de l’attente du gouvernement de voir ces experts mettre leur savoir-faire au service d’une gestion électorale efficace, conformément aux standards internationaux en la matière.

De son côté, la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, recherche scientifique et innovation technologique, Pr Marie-Thérèse Nsombo, a encouragé les diplômés à faire preuve de rigueur afin de mériter pleinement leur statut de « gardiens de la sincérité du suffrage et artisans de la paix sociale ».
Dotée du statut d’établissement d’enseignement supérieur et universitaire, l’EFEAC a pour mission principale de promouvoir l’intégrité électorale, de consolider la démocratie et la gouvernance en Afrique par la professionnalisation des gestionnaires des organes de gestion des élections (OGE) et des autres parties prenantes aux processus électoraux, ainsi que de développer la recherche électorale appliquée et les outils de participation à la prise de décision.
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