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Nouvelle ère pour l’IGF : de gendarme financier à pilier stratégique de la performance publique

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L’Inspection générale des finances (IGF) amorce une profonde mutation, passant d’un simple organe de contrôle à un acteur clé de la performance de l’action publique. La direction de ce service rattaché à la Présidence de la République a présenté sa nouvelle vision stratégique lors de la cérémonie d’échange de vœux de nouvel an 2026, organisée le 29 janvier à Kinshasa.

Cette transformation, telle que présentée par l’inspecteur général des finances-chef de service de l’IGF, Christophe Bitasiwma Bahii, repose notamment sur la digitalisation, la traçabilité des flux financiers, la cartographie des risques et la professionnalisation continue des inspecteurs. Elle s’inscrit dans le cadre d’un plan stratégique triennal privilégiant ce qui est désormais qualifié de « contrôle systémique ».

L’événement, tenu à Pullman Hôtel, a réuni plusieurs autorités politiques et administratives, ainsi que les cadres, agents et partenaires de l’institution.

Étaient notamment présents le directeur de cabinet adjoint du président de la République en charge des questions économiques et financières, des représentants de plusieurs membres du gouvernement, dont ceux du vice-premier ministre, ministre du Budget, le vice-premier ministre, ministre de la Fonction publique, modernisation et innovation du service public, le ministre des Finances, ainsi que des responsables d’entreprises et d’établissements publics.

Ouvrant la série des interventions, le directeur du service administratif, financier et technique de l’IGF, Diderick Boloko, a réaffirmé l’engagement de sa direction à « assurer un appui administratif, financier et technique de qualité, indispensable à la performance globale » de l’institution.

Représentant le corps des inspecteurs des finances, l’inspecteur général des finances, Baudouin Kitenge, a, pour sa part, lancé un appel à la paix et à la stabilité, conditions essentielles à l’amélioration de la gouvernance publique.

Une transformation profonde

L’IGF, gendarme financier ? C’est désormais de l’histoire ancienne. Dans son allocution, l’inspecteur général-chef de service, Christophe Bitasiwma Bahii, a affirmé que l’Inspection générale des finances ne souhaite plus être perçue sous ce prisme, mais entend se positionner comme un acteur central de la chaîne de valeur de l’action publique.
« Cette approche repose sur un contrôle systémique et intelligent, fondé sur l’analyse des contre-performances, du gaspillage, des détournements et de toutes les formes de destruction des valeurs dans la gestion publique, avec pour ambition d’accompagner les gestionnaires vers une meilleure performance », a-t-il expliqué.

Il a, en outre, rendu un vibrant hommage au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, saluant à la fois ses efforts constamment déployés en faveur de l’instauration de la paix en RDC et la redynamisation de l’Inspection générale des finances.

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Le numéro un de l’IGF a détaillé les réformes profondes engagées, parmi lesquelles figurent la maîtrise et la traçabilité des flux économiques et financiers à travers des bases de données fiables, la cartographie des risques, l’identification des circuits illicites et des réseaux de corruption, ainsi que la digitalisation des procédures de contrôle.

L’inspecteur général-chef de service a également annoncé la mise en place prochaine d’une plateforme d’analyse des données en vue d’interventions plus ciblées, la dématérialisation complète des processus administratifs pour atteindre une IGF « zéro papier », le renforcement de la présence territoriale de l’institution, ainsi que la professionnalisation continue des inspecteurs des finances selon les standards internationaux.

Christophe Bitasiwma Bahii a, par ailleurs, souligné qu’un renforcement de la collaboration interinstitutionnelle est envisagé afin d’améliorer l’efficacité globale de l’action publique.
« Ces réformes s’inscrivent dans un plan stratégique triennal aligné sur le Plan national stratégique de développement, avec pour objectif d’opérer un changement de paradigme : passer d’un contrôle ponctuel à un contrôle permanent, continu et holistique, axé sur la performance », a-t-il précisé.

Les bâtisseurs de l’IGF honorés

La cérémonie a été marquée par un moment solennel dédié à la reconnaissance des inspecteurs généraux des finances ayant marqué l’histoire de l’institution.

Près d’une trentaine de hauts responsables, majoritairement issus des premières promotions, ont été distingués pour plus de trois décennies de service.

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Sélectionnés à l’issue de concours particulièrement exigeants, ils avaient mis leur compétence et leur sens de la rigueur au service de la consolidation de la transparence et du respect de l’orthodoxie financière au sein de l’administration publique.

Saluant leur parcours respectable, Christophe Bitasiwma Bahii a tenu à les rassurer que « l’Inspection générale des Finances restera toujours leur maison ».

Il a insisté sur le fait que leur riche expérience professionnelle constitue un héritage précieux pour les générations actuelles et futures.

S’exprimant au nom des inspecteurs généraux des finances admis à l’honorariat et à l’éméritat, Henry-Paul Kazadi a adressé ses remerciements au chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour son engagement constant en faveur de la revalorisation de l’Inspection générale des finances. Il a, dans le même élan, exhorté les inspecteurs des finances recrutés en 2020 à faire preuve de rigueur et d’intégrité afin de préserver et de renforcer les acquis.

En clôturant la cérémonie, le chef de service de l’IGF a lancé un appel à l’unité, à la solidarité et à l’engagement collectif, exprimant le vœu que l’année 2026 soit synonyme de résultats encore plus tangibles pour l’Inspection générale des finances, au bénéfice de la Nation.

À noter que Christophe Bitasiwma Bahii a également condamné les exactions perpétrées par les agresseurs de la République démocratique du Congo contre les populations civiles dans la partie orientale du pays.

RD44

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