Tribune
Le paysage politique du Sankuru est aujourd’hui le théâtre d’une compétition de positionnement sans précédent entre Lodja et Katako-Kombe.
Au-delà d’une simple question de gestion administrative, le véritable enjeu réside dans le refus d’un équilibre politique et numérique au niveau provincial.
Lodja, agissant en bloc, cherche à prendre sa revanche sur les résultats de 2023 et à briser l’influence de Katako-Kombe, en entraînant ce dernier dans une dynamique d’autodestruction.
L’histoire politique de Katako-Kombe est marquée par des erreurs stratégiques répétées.
En 2011, l’ADP du patriarche Christophe Lutundula avait négligé ses élus à Lodja et à Lusambo. La CCU du patriarche Lambert Mende en a profité pour conserver son siège à Katako tout en raflant ceux de l’ADP à Lodja et à Lusambo. L’ADP s’est alors contentée d’un seul élu, faisant de facto de la CCU le leader incontesté au niveau provincial.
En 2016, cette naïveté s’est poursuivie lors de l’épisode impliquant les honorables Lucie Ndjeka et Charles Pongo face au gouverneur Ulungu. Katako a tout perdu, consacrant l’échec de l’honorable Lucie Ndjeka face aux intérêts solidement consolidés de Lodja.
Malgré l’échec du patriarche Mende au gouvernorat en 2018, Lodja a su maintenir son ascendance sur Katako-Kombe à travers l’élection de Mukumadi, allié à l’honorable Benoît Olamba pour accéder à la magistrature provinciale.
Après la crise ayant conduit à l’éviction de Mukumadi, l’avènement de l’outsider Jules Lodi a marqué un tournant décisif.
Plutôt que de s’allier à Olamba, Jules Lodi a engagé un combat frontal pour l’écarter du jeu politique, s’imposant avec son parti, l’UDPS, en perspective des joutes électorales. Cette redistribution des cartes a permis à l’ADP de se repositionner comme acteur majeur et de revendiquer le gouvernorat.
C’est à ce moment précis que l’ADP a manqué de vision. En 2024, au lieu de désigner un profil hautement stratégique, attendu par tous pour relever les défis de la gouvernance et sauver l’honneur de Katako, le choix s’est porté sur l’honorable Victor Kitenge. Une option honnête, mais dont le faible impact stratégique a conduit à l’échec.
Par la suite, l’honorable Daniel Aselo a conduit des consultations qui, sous couvert de « critères » abstraits, ont abouti à un ticket prétendument consensuel.
Son jeu est clair : diriger la province par procuration en s’appuyant sur l’APOCM.
Ce parti, bien que disposant de quatre députés nationaux, souffre d’un déficit de leadership provincial avec seulement deux députés à l’Assemblée provinciale.
En désignant un candidat gouverneur issu de Lomela et un vice-gouverneur de Katako relégué au rang de simple figurant, Daniel Aselo maquille les clivages territoriaux afin de demeurer le véritable patron, profitant de la confusion entretenue par une autorité morale de l’APOCM non originaire du Sankuru.
Katako-Kombe doit comprendre que Lodja ne combat pas la « gestion Lodi », mais cherche à régler ses comptes avec tout un territoire. C’est politiquement logique.
Lodja avance unie, occupant déjà deux sièges au Bureau de l’Assemblée provinciale, tandis que Katako n’en détient aucun.
Si la figure de Jules Lodi sert de prétexte, Katako dispose pourtant d’un vivier de compétences : Benoît Shakasaka, Didier Kipopa, Benoît Olamba, Djemba ya Tshitshe, Gilbert Etambahiele, Vincent Lonombe, et moi-même, avec l’avantage d’avoir toujours été présent sans être exposé.
Le combat est territorial et stratégique. Lodja est claire dans ses intentions, comme l’attestent les commentaires de ses fils.
Jeunes de Katako, sortez de la distraction. Ne laissez pas des leaderships téléguidés briser l’équilibre politique établi. Si le ticket préfabriqué par l’honorable Daniel Aselo passe, c’est l’équilibre naturel Lodja–Katako qui partira en fumée. Tout le Sankuru en subira directement les conséquences.
Benjamin Odimba/Analyste politique
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