C’est une annonce qui suscite davantage d’interrogations que d’enthousiasme. La Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) a acquis cinq nouvelles locomotives destinées à renforcer les capacités du transport ferroviaire national. Gros souci: alors que ces nouveaux engins quittent la Chine par la gare de Yongo à destination de la République démocratique du Congo, le pays demeure privé d’un véritable réseau ferroviaire fonctionnel.
Selon des informations obtenues auprès de la SNCC, les locomotives achetées sont de type diesel, présentées comme des « modèles 2020 de dernière génération », fabriquées par le géant chinois CRRC. Elles développent une puissance de 1 380 kW pour une vitesse de croisière de 100 km/h.
Avant cette acquisition, la SNCC disposait de 23 locomotives opérationnelles, dont cinq locomotives diesel neuves acquises en 2024.
La Société nationale des chemins de fer du Congo gère la principale infrastructure de transport ferroviaire de la RDC, à l’exception de la ligne Kinshasa–Matadi, exploitée par l’Office national des transports (Onatra). Au total, elle administre un réseau ferroviaire d’environ 3 641 kilomètres de voies.
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Selon plusieurs estimations, seuls près de 20 % de ce réseau seraient aujourd’hui réellement opérationnels pour un trafic commercial régulier.
Cette situation s’explique notamment par la vétusté des infrastructures ferroviaires, pour la plupart héritées de l’époque coloniale, ainsi que par un déficit chronique criant d’entretien.
« Déjà, sur les 23 locomotives actuellement opérationnelles, il est rare de voir quinze locomotives en circulation en même temps. Il y en a qui font plusieurs mois sans être mises en circulation faute de rails », révèle un technicien de la SNCC.
Dans ces conditions, de nombreux congolais s’interrogent logiquement après l’annonce de cette nouvelle acquisition.
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Certains se demandent pourquoi l’entreprise a privilégié l’achat de locomotives plutôt que l’investissement dans la réhabilitation des voies ferrées.
« La SNCC fait-elle face à l’insuffisance des locomotives ou plutôt au manque de rails en bon état ? », s’est interrogé un passager habitué autrefois à la ligne Tenke–Mutshatsha.
Junior Lomanga

