Home Politique Ministère des Droits humains : Samuel Mbemba brouille la frontière entre ses affaires privées et celles de l’État

Ministère des Droits humains : Samuel Mbemba brouille la frontière entre ses affaires privées et celles de l’État

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Au lieu d’être géré par le ministre Samuel Mbemba lui-même, c’est désormais le ministère des Droits humains qui semble gérer ce membre du gouvernement. En cause : des problèmes d’ordre strictement privé, non seulement traités par le cabinet ministériel, mais également exposés à travers une communication officielle diffusée sur les canaux institutionnels.

En République démocratique du Congo, pays abondamment béni par le dieu de la politique, il n’est pas rare de voir des ministres en fonction mobiliser membres de cabinets et agents administratifs, pourtant apolitiques, pour les activités de leurs partis politiques.

Ainsi, la frontière devient souvent floue entre les chargés de communication des institutions publiques, spécifiquement des cabinets ministériels et les attachés de presse des formations politiques de leurs chefs.

Cette dérive a franchi un seuil intolérable au ministère des Droits humains, dont le cabinet s’est emparé d’une affaire visiblement banale liée à la gestion du compte personnel X (ex-Twitter) du ministre Samuel Mbemba Kabuya. Incroyable mais vrai, le compte X de ce membre du gouvernement est devenu une affaire d’Etat.

En effet, dans un communiqué publié ce mardi sur les canaux officiels du ministère, puis transmis aux médias accrédités avec des consignes de diligence, le cabinet du ministre des Droits humains affirme que le compte X de Samuel Mbemba Kabuya serait toujours détenu par un ancien collaborateur qui refuserait d’en restituer les accès.

« Il est porté à la connaissance de l’opinion que monsieur Hugues Langa Koyedua est suspendu de ses fonctions au sein du cabinet du ministre des Droits humains pour comportements récidivistes contraires aux bonnes mœurs. Il lui est interdit d’utiliser les comptes réseaux sociaux du ministre dont le compte Twitter qu’il gérait », indique le communiqué, notamment publié sur le compte X officiel du ministère.

Payé par l’État pour des tâches privées ?

Selon les informations d’alternance.cd, l’ex-collaborateur aujourd’hui vilipendé aurait été engagé par Samuel Mbemba comme community manager, avec le statut officiel de membre de son cabinet. À ce titre, il était rémunéré et pris en charge aux frais de l’État, tout en travaillant non pas pour le ministère, mais pour un individu, ministre soit-il.

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Une source proche du dossier explique que, à la suite de malentendus sur l’exécution de leur accord, sieur Hugues Langa Koyedua aurait pris ses distances, non sans réclamer le paiement de ce qui lui serait dû pour les services rendus.

L’affaire aurait alors mobilisé plusieurs collaborateurs du ministre des Droits humains. Certains auraient tenté d’intimider leur ancien collègue. Face à la détermination de ce dernier et à ses menaces présumées de révéler publiquement certains secrets compromettants de son ex-patron, la hiérarchie du cabinet aurait choisi de passer à la vitesse supérieure, donnant à une affaire purement privée une dimension étatique.

Avis d’expert

Un juriste interrogé estime que le cabinet du ministre des Droits humains semble ignorer que l’Ordonnance-Loi n° 23/010 du 13 mars 2023 portant Code du Numérique prévoit des dispositions réprimant la rétention ou la conservation de mots de passe d’utilisateurs par un webmaster ou, le cas échéant, un community manager.

Selon cet expert, une telle affaire, de nature privée, aurait dû être traitée en dehors des canaux et des moyens de l’État.

Pami Halele

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