Suspendu par le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, qui a désigné le 21 février le vice-gouverneur pour assurer l’intérim, le gouverneur du Sud-Ubangi, Michée Mobonga Lobo, dénonce un faux et usage de faux. Il a boycotté la cérémonie de remise et reprise organisée jeudi 26 février à Gemena, chef-lieu de la province, et annoncé avoir saisi la justice.
Dans un message officiel, relayé notamment par la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a acté la suspension du gouverneur de la province du Sud-Ubangi, Michée Mobonga Lobo.
Cette mesure fait suite à sa mise en accusation par l’Assemblée provinciale pour détournement de deniers publics, outrage à l’organe délibérant et non-dépôt du budget provincial pour l’exercice 2026.
En attendant l’issue de la procédure devant la Cour de cassation, le ministre de l’Intérieur a désigné le vice-gouverneur, le professeur Jean-René Galekwa Vundawe, pour assurer l’intérim à la tête de la province.
Ce dernier a officiellement pris ses fonctions lors d’une cérémonie de remise et reprise présidée, jeudi, par l’inspecteur de la territoriale.
Présent à Gemena le même jour, le gouverneur suspendu s’est toutefois abstenu de participer à la cérémonie.
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Au cours d’un point de presse tenu le même jeudi, Michée Mobonga Lobo a mis en doute l’authenticité du télégramme du vice-premier ministre portant désignation de son adjoint pour assurer l’intérim.
Il a qualifié la cérémonie de remise et reprise organisée au gouvernorat de « coup d’État ».
Le gouverneur suspendu a également annoncé que le collectif de ses avocats a saisi le Conseil d’État afin d’examiner la légalité de la démarche administrative engagée à son encontre, soutenant l’existence d’indices laissant penser que le télégramme du vice-premier ministre de l’Intérieur serait un faux.
Selon lui, même à supposer l’authenticité de ce télégramme, la cérémonie de remise et reprise aurait dû être suspendue dans l’attente de la procédure introduite devant le Conseil d’État.
Junior Lomanga

