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États généraux de la Communication et Médias : Ce que Patrick Muyaya cache à Félix Tshisekedi

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Après trois jours des travaux, les participants aux états généraux de la Communication et Médias ont mis en commun, ce vendredi 28 janvier 2022, des recommandations formulées par les trois commissions. Une commission spéciale chargée du toilettage a été mise en place avant la clôture officielle.

Ces assises sensées refonder le métier de journaliste en République Démocratique du Congo ont créé un fossé, qui risque de diviser davantage la corporation. Pour cause, beaucoup de professionnels des médias estiment que le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, n’a pas joué franc jeu tant avec les journalistes qu’avec le président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo.

« Pari gagné pour Patrick Muyaya »; « Fatshi veut mettre fin à la précarité des journalistes »; « Le président de la République veut nettoyer le secteur des médias »….sont entre autres gros titres qui ont fait la Une des principaux journaux depuis le début des états généraux de la Communication et Médias.

Dans ses interventions, tant à l’ouverture des travaux, présidée par le Président de la République, que durant les travaux en commissions, le ministre sectoriel s’est lâché…trop.

Patrick Muyaya n’a de cesse vanté le professionalisme de près de 200 participants « sur 7.634 journalistes enregistrés » au regard du contexte sanitaire.

Les services de son ministère ont mis en exergue la représentativité de « toutes les générations du métier comme Ilunga Mwana Bute, Michel Musemediawe, Chantal Kanyimbo ou encore Kimbambi Shintwa ».

Si aucun commentaire négatif ne peut être permis sur la qualité et le professionnalisme des participants énumérés ci-haut et d’autres grands noms de la presse congolaise, beaucoup de journalistes se posent de questions sur les critères de choix de nombreux autres participants.

En effet, de journalistes interrogés par alternance.cd affirment avec regret, que Patrick Muyaya a associé plus d’amis avec qui il a des relations personnelles à ces assises, qui devraient marquer un tournant dans la revalorisation de la profession, la modernisation des entreprises médiatiques et l’organisation de la corporation.

Un confrère a évoqué, à titre illustratif, la présence dans la commission sur la viabilité économique des médias, de « certains patrons de médias qui ont la réputation de ne pas payer leurs journalistes ».

Question : quelles propositions peut-on espérer d’un tel participant allant dans le sens de la viabilité économique des médias ? Et, même si ces états généraux permettraient aux médias d’obtenir un appui financier du gouvernement, peut-on espérer voir ces patrons des médias avares commencer à payer leurs journalistes ?- Rien, en tout cas rien ne permet de répondre par l’affirmative à la dernière interrogation.

« On ne peut pas dire aujourd’hui que les médias congolais n’ont pas d’argent. C’est un gros mensonge! Il y a bel et bien des recettes que génèrent les médias sous forme de droits de publication ou de diffusion, de contrats de partenariat et de publicité. Le vrai problème auquel il faut s’attaquer, c’est celui du paiement effectif des journalistes. Ces derniers sont dans la plupart de cas exploités et utilisés comme de chiens de chasse mais ne bénéficient pas des dividendes à la hauteur de leur engagement dans le travail », déplore un ancien journaliste.

Gaby Kuba, un nom qui énerve

D’une commission à une autre, d’autres journalistes sont choqués par le fait que Gaby Kuba, président ai de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), a été chargé de présider la commission en charge des textes de loi. La raison? « Ce monsieur a perdu toute crédibilité à cause de sa légèreté dans la gestion de l’UNPC », répond une journaliste, qui l’accuse de se servir du label de la principale organisation syndicale des journalistes pour « se faire un nom sous les cieux ».

Connaissant peut être un peu trop sur la gestion de l’UNPC par Gaby Kuba, notre consœur soutient qu’il y avait d’autres participants « plus crédibles et plus sérieux » pour diriger cette commission stratégique.

C’est dire que même si les états généraux de la communication et médias sont présentés dans la presse comme étant une réussite, ce qui est compréhensible étant donné que le ministre y associé les patrons des médias, ces assises divisent la corporation.

En d’autres termes, une certaine opinion considère que Patrick Muyaya a préféré travailler avec « les grands » journalistes, excluant de facto les « petits » journalistes.

Or, il y a des participants à ces travaux qui sont loin d’être des modèles.
D’ailleurs, certains sont décrits comme des oppresseurs de journalistes.

On se souvient évidement d’un participant, Directeur Général d’une grande chaîne de télévision de la place, qui avait fait emprisonner une dizaine de journalistes, employés par sa chaîne de télévision, pour le simple fait que ces derniers avaient manifesté pour exiger leurs salaires.

Aussi, beaucoup de journalistes accusent Tshivis Tshivuadi, président des Journalistes en Danger (JED) et une des figures de proue de ces états généraux, de s’en foutre de la situation de journalistes maltraités et même mis en danger par leurs employeurs.

« On se demande si JED est là pour s’occuper seulement des journalistes mis en danger par les services de l’État. Il y a de patrons de médias qui représentent un danger pour leurs employés. Nous n’avons jamais entendu Tshivis Tshivuadi dénoncer une quelconque maltraitance de journalistes dans ce genre de situation », peste un journaliste basé à Lubumbashi.

Commentaire d’un Professeur en Sciences de l’Information et de la Communication : « Patrick Muyaya a réussi à avoir une réalisation à mettre à son actif comme ministre de la Communication et Médias. Mais il ne peut pas prétendre refonder le métier de journaliste avec ces états généraux. On ne peut pas prétendre mettre fin à l’opression en conviant globalement les oppresseurs, en l’absence des opprimés ». A chacun son opinion.

Jean Pérou Kabouira

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