Home Politique Portrait: Prof. Osée Muyima pour une Révolution populaire comme solution à la crise multiforme congolaise

Portrait: Prof. Osée Muyima pour une Révolution populaire comme solution à la crise multiforme congolaise

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Chercheur internationalement reconnu ayant à son actif entre autres, des nombreuses publications scientifiques dans des journaux internationaux aux Etats Unis, en Allemagne, en Inde, en Afrique du Sud et en Tchécoslovaquie, le Professeur Osée Muyima Ndjoko est aussi un acteur politique remarquable. Président national du parti politique dénommé Renouveau pour le Développement et la Démocratie(R2D), il se moque de ceux qui croient à la tenue des élections crédibles et valablement démocratiques par le régime de Joseph Kabila.

Pour lui, l’avenir de la République démocratique du Congo ne dépend plus au stade actuel, de sa classe politique et des Nations Unies qu’il considère comme le « gardien du système qui fait le malheur du Congo », mais du peuple qui doit se prendre en charge en menant une révolution populaire. Dans une analyse intitulée «carence institutionnelle, dernier handicap à la sortie de crise au Congo Kinshasa » publiée en 2015, le candidat à la présidentielle de 2006 avait prédit l’échec de la série des dialogues qui se sont succédés et annoncé une prise de conscience de la population.
Trois ans plus tard, les faits semblent lui donner raison car ses prophéties se réalisent à la lettre avec une exactitude mathématicienne, lui qui ne cesse de dénoncer le non-respect des engagements et des textes qui caractérise les acteurs politiques congolais.

Notez qu’au moment où les états-majors des partis politiques étaient en ébullition lors des tractations en vue de la tenue du dialogue de la Cité de l’Union africaine, il avait demandé aux membres de sa formation politique et au peuple de vaquer tranquillement à leurs occupations. Il était parmi les premiers à monter au créneau pour prédire l’échec de ce forum facilité par l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo.

Un visionnaire éclairé

Puisant dans sa parfaite maitrise de la sociologie politique de son pays, il avait à l’époque prédit que le rapprochement entre la Majorité présidentielle et l’opposition n’aboutirait à rien si ce n’est à un partage du pouvoir. « Le temps du dialogue avec ce pouvoir de malheur du Congo est largement dépassé. Nous l’avons montré plusieurs fois, le Congo notre pays a organisé ces deux dernières décennies plus de dialogues que n’importe quel autre pays en Afrique et dans le monde. Cependant, le bilan de tous ces dialogues est largement négatif », écrivait-il.

Et la suite ? Elle est connue de tout le monde car, les critiques fleurissent même de la MP à l’instar de l’ancien Secrétaire Général du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie(PPRD), aourd’hui Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, Henri Mova Sakanyi qui avait fustigé en novembre dernier, des alliances politiques avec des opposants qui introduisent ainsi « des gens dans le gâteau qui n’a pas grossi ».

La révolution ou rien

Si pour bon nombre de congolais, la tenue des élections est considérée comme le moyen de mettre fin à l’actuelle crise sociale, économique, politique et institutionnelle, pour le Prof. Osée Muyima, il n’en est pas ainsi. Au contraire, il est convaincu que tenter de les organiser dans le contexte actuel reviendrait à multiplier les souffrances du peuple car, fait-il remarquer, les conditions ne sont pas réunies pour des élections véritablement crédibles. « Fort de l’incapacité de toutes les institutions de la République ainsi que des institutions internationales à dénouer l’indescriptible crise congolaise, nous disons que la révolution reste la voie unique de sortie de crise pour un changement holistique durable en RDC », insiste-il.

A l’en croire, les mêmes acteurs politiques de la Majorité présidentielle et de l’opposition qui ont démontré leur incapacité à résoudre les problèmes auxquels est confronté le peuple ne le sauront pas une fois élus ou réélus.

Notant au passage que c’est l’église catholique qui avait « donné des béquilles » au pouvoir de Joseph Kabila en dirigeant le dialogue du Centre interdiocésain, lequel a accouché de l’accord de la Saint Sylvestre, il affirme que « le peuple vigilant a déjà compris le jeu des politicards en mal de positionnement qui embrouillent toujours la scène politique congolaise ». Autant dire que pour lui, la révolution est devenue indéniable, imminente et incontournable. Cette révolution, il la décrit comme « une voie unique du changement holistique pour la sortie de crise » et il révèle que la libération du Congo étant « en fait un miracle de Dieu, aucune puissance de ce monde ne peut l’empêcher ».

Robert DJANYA

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