Home Politique Projet « Tshilejelu » et programme 100 jours : Ces similitudes qui appellent à la prudence

Projet « Tshilejelu » et programme 100 jours : Ces similitudes qui appellent à la prudence

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Mercredi 17 mars 2021, le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a lancé officiellement, au quartier Mpassa dans la commune rurale de la N’Sele à Kinshasa, les travaux de réhabilitation et de modernisation des infrastructures routières à travers le pays. Ce projet pilote dénommé «Tshilejelu » est lancé dans presque les mêmes conditions qu’un autre projet dont les résultats ont été décevants. Il s’agit du Programme d’urgence des 100 premiers jours du Président de la République.

C’était au mois de mars 2019, précisément le 2 mars, moins de deux mois après son investiture comme Président de la République. Ce jour-là,  un samedi ensoleillé,   Félix Tshisekedi dévoilait à l’esplanade de l’échangeur de Limete, sous les ovations de militants de l’UDPS massivement mobilisés,  le programme des 100 premiers jours de son mandat à la tête de la RDC. C’était un  plan ambitieux dans l’optique de contextualiser sa vision et toute l’armada de ses promesses de campagne reprises dans son discours d’investiture.

Environ 780 jours se sont passés depuis et,  ce qui aura marqué les esprits  dans ce programme dans lequel le Chef de l’Etat a extirpé une brochette d’actions urgentes ciblant les routes, la santé, l’éducation, la politique, la lutte contre la corruption ou encore l’énergie, c’est la forte médiatisation du procès 100 jours et la condamnation de son ancien Directeur de Cabinet, Vital Kamerhe et quelques autres gestionnaires. Accusés de détournement de plusieurs dizaines de millions de dollars, ces derniers  portent la responsabilité de l’échec du programme de 100 jours. Bon, on revient  à l’actualité.

Tirer les leçons de l’échec du passé

Félix Tshisekedi lors de la présentation du programme 100 jours. Ph.D.T

Pour arriver à Mpassa à l’occasion du lancement du projet « Tshilejelu », qui s’inscrit dans le cadre de sa vision orientée vers le développement des infrastructures et l’amélioration de la qualité de vie des congolais, Félix Tshisekedi a sans doute remarqué  que certains chantiers lancés dans le cadre du programme 100 jours sont inachevés. C’est le cas du saut-de-mouton du marché de la Liberté. Certes, le nouveau projet n’est pas la suite du précité,  mais ils ont quelques points communs.

Notez que la présentation du programme pour les 100 jours et le lancement du projet « Tshilejelu » sont intervenus en l’absence d’un nouveau gouvernement. Le premier avait eu lieu sous le gouvernement démissionnaire de Bruno Tshibala et le second sous le gouvernement démissionnaire de Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

 Si pour le premier c’était dans un contexte des négociations pour la conclusion de l’accord de la coalition entre le FCC et le CACH, le second a lieu au moment où le Chef de l’Etat peine à départager ses nouveaux alliés et son parti politique l’UDPS pour le partage des responsabilités dans le gouvernement.  

Aussi, les deux projets ont été lancés au moment où les finances publiques sont au rouge. Toutefois, aucun élément ne permet d’avancer au stade actuel que le nouveau projet présidentiel pourra pousser l’Etat congolais à puiser sur la réserve stratégique du pays comme l’avait révélé le procès de 100 jours.

Question : pourquoi Fatshi n’a-t-il pas attendu la mise en place du gouvernement de l’Union sacrée de la nation pour  lancer le nouveau projet pilote ? Quelle que soit la réponse qui pourrait être apportée à cette question, une certaine opinion estime qu’il y aurait derrière le projet « Tshilejelu », des visées électoralistes pour 2023.

 Ce qu’il faut retenir sur Projet « Tshilejelu »

Selon sa fiche technique présenté par  le directeur général de l’Office de voirie et drainage (OVD), ce projet pilote va concerner l’ensemble de la République et va s’exécuter sur plusieurs phases. A l’en croire, des études sont en cours dans  le Grand Bandundu et le Grand Equateur pour son extension dans ces zones géographiques.

Le coût total du contrat financé par le Gouvernement congolais et c’est important de le souligner, tel que conclu en septembre 2020, est estimé à 138 millions USD. D’après le DG de l’OVD, le montage  financier a été effectué avec le concours de la Banque UBA qui a facilité l’obtention d’une ligne de crédit dans le cadre du partenariat public privé. La durée des travaux est de vingt-huit mois pour Kinshasa et de trente-six mois pour l’Espace Grand Kasaï.

Selon la presse présidentielle, 39.72 kms de voirie de la ville-province de Kinshasa sont concernés par le projet qui, dans sa phase initiale, englobe  également l’Espace Grand Kasaï (101,77 Km) avec, à la clé, quelques villes et territoires ciblés, en l’occurrence Mbuji Mayi (25,32 Km), Kabinda (10,5 Km), Lusambo (10 Km), Kananga (35 Km), Mweneditu (5,5 km) et Tshikapa (15,39 Km).

RD44

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