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Instabilité des institutions provinciales : Vers la dissolution des Assemblées provinciales du Sankuru et du Haut-Lomami

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Les jours des députés provinciaux de la province du Sankuru et celle du Haut-Lomami sont comptés. Accusés de ne pas favoriser un bon climat de travail et l’harmonie avec leurs gouvernorats respectifs, ils sont en phase d’être renvoyés au chômage. Les gouverneurs de ces deux provinces ne seraient pas épargnés par le coup de ballet en téléchargement au plus haut sommet de l’État.

La situation est catastrophique dans plus de la moitié des provinces de la République Démocratique du Congo. Alors que le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi Tshilombo a pris le contrôle total des institutions nationales et placé ses hommes de confiance à des postes stratégiques au sein de l’armée et de la magistrature, le contrôle de certaines provinces lui échappe. Si en théorie, la quasi-totalité des gouverneurs et des assemblées provinciales ont basculé à l’Union sacrée de la Nation, peu encore travaillent réellement dans le sens de la concrétisation de sa vision.
En témoignent les combats que se font intempestivement les assemblées provinciales et les gouverneurs appartenant théoriquement à une même famille politique depuis la fin de la défunte coalition FCC-CACH.

Et, pour mettre fin à cette situation qui ne permet pas aux provinces de se développer, il se chuchote que Fatshi voudra frapper très fort.

D’après les informations recueillies par alternance.cd, la province du Sankuru, marquée par deux ans sans un gouvernement provincial investi, avec un gouverneur qui n’a pas ses deux pieds sur terre et celle du Haut-Lomami dont l’Assemblée provinciale est devenue une sorte de virus pour les gouverneurs, pourront servir d’exemple.

Notre source dévoile, sur le ton de l’affirmation, que des équipes des experts d’une institution nationale dont il a préféré taire le nom comptent se rendre discrètement, sauf changement, dans ces deux provinces dans les prochains jours. Leur objectif : « Tester la popularité des députés provinciaux, particulièrement des membres des bureaux des Assemblées provinciales du Sankuru et du Haut-Lomami afin de faire un rapport objectif à la hiérarchie pour lui permettre de déclencher ou non le processus de dissolution de ces deux organes délibérants problématiques.»

Mais cette information qui a été confirmée par d’autres sources branchées n’est pas à considérer comme une victoire pour le Gouverneur intérimaire du Haut-Lomami, Kabamba Ilunga Batame et le gouverneur du Sankuru, Joseph Stéphane Mukumadi.

Au contraire, ils pourront faire face à plus de soucis que les députés provinciaux. La raison ?-« L’Inspection Générale des Finances (IGF) pourra être mise à contribution pour fouiner sur leur gestion. Ce qui les contraindra à démissionner, le cas des mandataires publics suspendus sur base des observations définitives de l’IGF servant de jurprudence », renseigne-t-on.

Pour en savoir davantage, votre média en ligne a mis la main sur un document qui atteste que des inspecteurs des finances sont sur le point d’être déployés à Lusambo (Chef-lieu du Sankuru) et à Kamina (Chef-lieu du Haut-Lomami).

Servir de leçon aux autres provinces instables

Le gouverneur ai du Haut-Lomami

Si l’éventuelle dissolution des Assemblées provinciales du Sankuru et du Haut-Lomami et la mise à l’écart de gouverneurs de ces deux provinces peuvent paraître comme des mesures radicales, elles seraient vantées comme une sérieuse mise en garde aux autres assemblées provinciales et Gouverneurs qui ont visiblement du mal à vivre en harmonie.

En tout cas, tant à la Vice-primature de l’Intérieur, sécurité, affaires coutumières et décentralisation qu’à la Présidence de la République, toutes les personnes interrogées se disent fatiguées de conflits entre les organes délibérants et les chefs des exécutifs provinciaux.

Le gouverneur du Sankuru, J.S.Mukumadi

Tout en soupçonnant certaines autorités nationales de profiter de ces conflits pour se faire de frics, un conseiller à la Présidence de la République qui a recquis l’anonymat a lâché que « les dossiers du Sankuru et du Haut-Lomami préoccupent le Chef de l’Etat et la crise institutionnelle devenue chronique dans ces provinces risque de faire en sorte que la population ne bénéficie pas de retombées du changement impulsé au niveau national ».

Pour ne rien arranger, notre source reconnaît que « certains cadres du parti présidentiel soutiennent l’un ou l’autre camp mais ils ne pourront rien contre la volonté du Président de la République d’en finir avec deux ans d’instabilité dans ces deux provinces. »

Pour rappel, depuis la législature issue des élections législatives du 30 décembre 2018, la province du Haut-Lomami n’a pas eu de gouvernement provincial investi. Le gouverneur élu, Marcel Lenge, a été destitué en novembre 2019. Le Gouverneur intérimaire Denis Ngandu Ngoy a lui aussi été destitué en mai 2021 et l’actuel gouverneur intérimaire, Kabamba Ilunga est lui aussi dans le collimateur de l’Assemblée provinciale.

Au Sankuru, le Gouverneur Joseph Stéphane Mukumadi n’a jamais présenté son programme à l’Assemblee provinciale pour l’investiture de son gouvernement, deux ans et demi après son élection. Des indices sérieux de détournements pèseraient sur l’un et l’autre.

A Kinshasa, les discussions se dérouleraient actuellement sur les noms de probables futurs gestionnaires intérimaires du Sankuru et du Haut-Lomami, en attendant l’organisation des élections de gouverneurs et Vice-gouverneurs non seulement dans ces provinces mais aussi dans toutes les autres dont la destitution des gouverneurs a été validée par la Cour Constitutionnelle.

Au sujet de ces élections, il faut préciser que le Chef de l’État a déjà demandé au gouvernement de prendre de dispositions pour qu’elles soient organisées dans les provinces où les gouverneurs ont été destitués dans le respect de la loi en vigueur.

Aussi, d’aucuns estiment que les intérimaires à désigner ou désignés dans les provinces seront et sont au service de certaines autorités nationales dont ils deviennent facilement de fournisseurs en billets de banque. Pour remédier à cette anarchie et corruption à ciel ouvert, le gouvernement est appelé à instruire la CENI pour organiser rapidement les nouvelles élections des Gouverneurs et Vice-gouverneurs dans les provinces à problème. Ce, avec des candidats compétents et à la moralité irréprochable.

Jean Pérou Kabouira

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