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RDC: Les dix défis pour lesquels Félix Tshisekedi est appelé à rester un peu plus longtemps au pays

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Après la polémique sur l’opportunité ou non de l’accueil délirant qui lui a été réservé à son retour du sommet du G20 en Italie et de la COP 26 en Ecosse, le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi Tshilombo a retrouvé son pays avec son lot des problèmes.

Alors que ses militants continuent à se taper la poitrine au regard des succès engrangés à ces rencontres diplomatiques mondiales et lors de son accueil à Kinshasa, jeudi 04 novembre 2021, le Président de la République se trouve devant un lot de problèmes qui lui demandent de passer un peu plus de jours au pays que d’habitude. Alternance.cd a résumé pour vous la pile des défis qui attendent Félix Tshisekedi à dix points suivants :

  1. Désamorcer la grande fronde des catholiques, protestants, Lamuka, Front Commun pour le Congo (FCC) et Ensemble pour la République autour du dossier de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et de la taxe sur le Registre des Appareils Mobiles (RAM).

Si les nouveaux animateurs de la CENI, avec à leur tête le président Denis Kadima se sont rapidement mis au travail après leur investiture par ordonnance présidentielle et la prestation de serment devant la Cour Constitutionnelle, les contestations contre la désignation de certains d’entre eux ne faiblissent toujours pas. Ne jurant que sur la mise en place d’une autre équipe jugée moins affiliée à la Cité de l’Union Africaine, les opposants du FCC de Joseph Kabila et ceux de Lamuka du tandem Muzito-Fayulu ont mis de côté leurs adversités pour mener ensemble, au sein du Bloc patriotique, le combat pour ce qu’ils appellent la mise en place d’une CENI réellement indépendante.
Associé à cela la colère de Moïse Katumbi et la rage de la CENCO et de l’église du Christ au Congo (ECC), qui n’ont toujours pas digéré l’échec de leur choix lors des négociations pour la désignation du président de la centrale électorale, il est clair que l’heure n’est plus à la distraction pour le Chef de l’Etat. Il doit faire preuve de son surnom de « Fatshi Béton » pour éviter diviser le bloc redoutable qui s’organise en face de son Union Sacrée de la Nation. Ce, alors que l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) de Vital Kamerhe est en embuscade et risque de renforcer le camp d’en face.

  1. Étendre l’état de siège dans la province du Sud-Kivu et renforcer la mobilisation des jeunes pour les recrutements massifs dans l’armée en vue de lutter efficacement contre l’insécurité dans l’Est du pays. D’aucuns pensent que le Chef de l’Etat devrait désormais capitaliser ses nombreux voyages notamment en mettant en profit les bonnes relations bilatérales qui existent entre la RDC et ses pays partenaires dont les États-Unis, la Chine, la France, la Belgique, les Émirats-Unis et l’Angleterre pour la réussite de cette mobilisation contre l’insécurité dans l’Est.
  2. S’assurer que les élections des gouverneurs et Vice-gouverneurs seront organisées dans des bonnes conditions dans 14 provinces initialement prévues plus celles du Sankuru et de l’Equateur dont les gouverneurs ont été dernièrement déchus.
  3. S’assurer de la mise à la retraite et des nominations au sein de la Magistrature, l’armée, la police, les services des renseignements et l’Administration publique.
  4. Procéder à la nominations des mandatires publics afin de mettre fin au régime des intérimaires dans les entreprises publiques.
  5. Réorganiser son cabinet pléthorique en réduisant les effectifs.
  6. Apporter des réponses idoines à l’épineuse question du vécu quotidien de la population. C’est le volet social et sans doute l’un des aspects de son mandat sur lequel Fatshi sera sévèrement jugé par le peuple. A cet égard, le Chef de l’Etat est appelé à suivre de près les projets initiés dans différents ministères en rapport avec le social et s’assurer qu’ils seront exécutés dans le temps imparti.
  7. Poursuivre les travaux de construction des infrastructures des 9 èmes jeux de la Francophonie à l’arrêt à ce jour. Il en va de son image et de celle de la RDC à l’international.
  8. Apporter des réponses satisfaisantes aux enseignants afin de mettre réellement fin à la grève observée dans le secteur de l’enseignement primaire, secondaire et technique (EPST). L’exécution du barème salarial convenu avec l’intersyndicale de l’Administration publique apparaît comme l’unique voie de sortie de cette crise.
  9. Regarder de près ce qui se passe au parlement, qui n’a pas encore commencé l’examen du projet de loi du budget 2022, à deux mois de la fin de l’année. A ce sujet, une certaine opinion estime que le duo Christophe Mboso-Jean Marc Kabund semble rééditer les erreurs du burau Mabunda à l’Assemblée nationale, notamment en privilégiant des initiatives politiquement risquées en lieu et place de celles qui sont attendues par le petit peuple.

Pour certains analystes politiques, tous ces problèmes requièrent du Chef de l’État de rester au pays au moins pendant quelques mois. Question de suivre certains dossiers personnellement pour éviter des surprises désagréables.

RD44