Home Politique Le pari risqué de Minaku dans l’affaire de l’élection du Gouverneur du Maniema: Déboutée par la Cour d’Appel de Kindu, la MP veut interjeter appel

Le pari risqué de Minaku dans l’affaire de l’élection du Gouverneur du Maniema: Déboutée par la Cour d’Appel de Kindu, la MP veut interjeter appel

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Décidemment, la Majorité Présidentielle n’est pas prête à assumer la défaite de son candidat à l’élection du Gouverneur du Maniema face au candidat indépendant, Prospère Tunda Kasongo. Malgré le verdict de la Cour d’Appel de Kindu, qui a jugé irrecevable pour défaut de qualité la requête de la MP, tout laisse à penser que le Secrétaire général de cette famille politique, Aubin Minaku Ndjalandjoko, ne réalise pas l’ampleur de sa débâcle. Jeune docteur en droit de son état, il aurait donné l’autorisation aux avocats d’interjeter appel devant la Cour Suprême de justice.

Plusieurs questions taraudent les esprits des observateurs notamment celles de savoir, jusqu’où ira Minaku ? Se rend-il compte qu’en réalité, c’est le Chef de l’Etat qu’il traine dans la boue ? Son contrat avec le Professeur Promoteur de sa thèse, n’avait-il pas de clause ‘de service après-vente ?

Pour ceux des congolais qui suivent de près l’évolution de ce dossier, la Majorité Présidentielle a fait le pari risqué d’ignorer la volonté des députés provinciaux, et par ricochet, celle de la population du Maniema, soucieuse de voir cette province se transformer davantage dans les jours à venir. Son Secrétaire général semble avoir fait de cette affaire l’une de ses priorités. Ce, en perspective de l’élection présidentielle du 23 décembre prochain pour laquelle il nourrit d’ambition d’être investi candidat à la succession de l’actuel Chef de l’Etat.

Pour ce faire, celui qui se présenterait lors des réunions de l’ACP-UE comme le « dauphin naturel de Joseph Kabila », d’après les indiscrétions de certaines personnes proches des députés qui l’accompagnent, s’est autorisé à donner une procuration spéciale à des avocats qui, en lieu et place de se limiter à leur simple mission de rédiger la requête, se sont à leur tour autorisés de plaider la cause devant la cours d’appel.

La Cour d’Appel de Kindu confirme Prospère Tunda, Minaku s’entête

Celle-ci ne s’est pas faite prier pour démasquer leur projet diabolique et a fini par confirmer et valider l’élection du Gouverneur Prospère Tunda. En effet, la requête introduite en annulation par la Majorité présidentielle a été examinée au cours du procès qui a débuté le 9 avril et qui s’est soldé le mercredi 11 avril 2018 par la victoire du gouverneur élu.

Accusé d’être inéligible et inapte à briguer ce poste sous prétexte qu’il est un chef coutumier, ses avocats ont attaqué la partie requérante. Pour eux, étant un regroupement des partis politiques n’ayant pas de statut juridique, la MP n’a pas la qualité, « chose que la Majorité présidentielle était censée connaitre, étant donné les qualités d’ancien magistrat et de docteur en droit de son secrétaire général, affirme un assistant parlementaire», selon l’un d’entre eux.

Ils ont démontré de la plus belle des manières que, les avocats dépêchés de Kinshasa, à travers une procuration spéciale ont eu une simple mission de rédiger la requête et non de plaider la cause devant la cour d’appel. Ils ont par conséquent demandé à la cours de ne pas prendre en considération, ni juger recevable leur requête.

De leur part, les avocats de la MP ont eu du mal à prouver aux juges que le nouveau gouverneur du Maniema occupait jusqu’à son élection intervenue le 28 mars dernier une fonction dans l’administration publique, à laquelle il n’aurait pas renoncé ou déposé une mise en disponibilité.

Cet argument n’a pas convaincu la Cours d’Appel de Kindu, qui a tranché en faveur de Prospère Tunda. La requête de la Majorité a été jugée irrecevable pour défaut de qualité.

L’image du Chef de l’Etat salie ?

Selon nos informations, à l’annonce du verdict de la Cours d’Appel, des cris de joie ont retenti dans tout Kindu en guise de soutien de la population au nouveau Chef de l’exécutif de leur province. En contrario, la démarche de la MP qui cherche à l’invalider serait vue d’un très mauvais œil. « Nous ne pouvons pas accepter que notre province puisse servir de terrain de confrontations à certains acteurs politiques qui cherchent leurs propres intérêts. Si l’ancien Gouverneur Marcellin Tcishambo est sincère, il n’a qu’à dire à Minaku et consorts ce que nous lui avons dit à la veille de cette élection. Comme coordonnateur de la Majorité à cette élection, nous lui avons dit que nous n’étions pas prêts à voter pour celui que nous-mêmes avons débouté comme Ministre », a vociféré un député provincial du Maniema.

Pour lui et ses pairs élus provinciaux, « Il faut un homme épris de valeurs cardinales pour diriger cette province, au stade où se trouve actuellement le Maniema, qui ne cesse d’attirer l’administration des gens ».

A l’en croire, ils auraient dit à l’ancien gouverneur du Sud-Kivu ce qui suit: « Votre candidat n’a pas de chance, nous avons décidé d’agir pour l’intérêt du Maniema, actuellement un des pivots de développement du pays, grâce aux efforts du Rais. Si vous n’avez pas quelqu’un d’autre, nommez votre type ailleurs, dans les entreprises comme DGDA et consorts. Si vous n’avez pas un autre candidat, nous allons voter en faveur de Tunda, car lui aussi est acquis au Chef de l’Etat».

Contacté, un proche d’un sénateur de la MP a confié ceci à Alternance.CD:​«Nous avons dit au Secrétaire Permanant Ramazani, de dire au SG Minaku de laisser cette affaire car, elle risque de salir l’image de l’Autorité morale de notre famille politique. Les députés provinciaux nous avaient contactés pour alerter le parti sur ce qui nous arriverait en cas de la candidature d’Omolela. Nous ne les avons pas écoutés. Nous avons dit, c’est lui ou rien ! Voilà les résultats… »

D’autre part, des sources judiciaires renseignent qu’avant le prononcé du verdict hier à la Cours d’Appel, des juges auraient été approchés pour tenter de les convaincre afin d’invalider l’élection du Gouverneur Tunda Prospère.

Bien qu’aucun lien n’a été établi entre ces contacts supposés et le SG de la MP, tout porte à croire qu’Aubin Minaku fait fi de certaines notions de droit dans sa quête inlassable de pistonner un de ses proches à la tête du Maniema.

Ayant suivi de près l’évolution de cette affaire, un fonctionnaire de la Direction de Sénace de l’Assemblée nationale a révélé que, « s’il a du mal à comprendre certaines choses, qu’il ait l’humilité de faire appel à des juristes comme Delly Sessanga ou Ngondha Nkoy, le coordonnateur du cabinet du président du sénat».

Et de poursuivre, « nous avons l’impression que le SG Minaku n’a pas de bons conseillers. Nous avons appris qu’au sein du PPRD, on lui aurait déconseillé d’abandonner la démarche de saisine de la cours d’appel, mais en vain. Il doit comprendre qu’il a mal joué la carte du Maniema, c’est tout».

Dans tous les cas, la Cour suprême, faisant office de la cour de cassation, étant saisie, elle ne devra que dire le droit.

RD44

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