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Arrestation de Célestin Tunda : Le Premier Ministre menace le Chef de l’Etat

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L’harmonie institutionnelle et le respect dû aux fonctions du Président de la République sont bafoués intempestivement en République Démocratique du Congo par de membres du Front Commun pour le Congo(FCC). La dernière illustration en date est du premier Ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, qui a tenu des mots discourtois et désobligeants à l’endroit du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi suite à la brève arrestation  du Vice-Premier ministre en charge de la Justice et Garde des Sceaux,  Célestin Tunda Ya Kasende samedi 27 juin 2020.

Empêtré dans la polémique sur la réforme de la Justice,  ce dernier a été à la base des incidents enregistrés la veille au Conseil des Ministres. Accusé notamment d’avoir transmis un avis favorable du Conseil des Ministres à la Présidente de l’Assemblée nationale sur les propositions des lois initiées par les Députés nationaux Minaku et Sakata, il a été arrêté et conduit au bureau du procureur général près la Cour de cassation, dans la commune de la Gombe, avant d’être libéré quelques heures plus tard.

Durant son audition, plusieurs faucons du FCC entre autres Aubin Minaku, Jaynet Kabila, Henri Mova, Ramzani Shadary, Léonard She Okitundu se sont rassemblés à l’extérieur du bâtiment. Après sa libération, le Secrétaire Permanent du PPRD, Emmanuel Ramzani Shadary a publiquement dénoncé « la dictature » qui refait surface au pays et a promis de mobiliser la population pour y mettre fin.

Sylvestre Ilunga se rebelle contre Félix Tshisekedi

Célestin Tunda, Ph.Droits Tierces

Jusqu’à hier tard dans la nuit, d’aucuns pensaient que les membres du Gouvernement allaient se montrer prudents pour préserver l’harmonie au sein du Gouvernement. Loin s’en faut. Au contraire, le Premier ministre Sylvestre Ilunga a donné le ton de la rébellion contre le Président de la République Félix Tshisekedi. A l’issue d’une réunion à laquelle ont pris part les Vice-premiers Ministres et les Ministres d’Etat, au sujet de l’arrestation de leur collègue de la Justice, il a publié un communiqué dont les termes reflètent une sorte de rébellion envers l’autorité suprême du pays.

A en croire ce communiqué, les participants à ladite réunion ont relevé que l’arrestation du VPM de la Justice « ne repose pas sur des faits infractionnels, ne rencontrent pas les conditions de la flagrance, et viole le secret des délibérations du Conseils des Ministres ». Estimant que cet incident risque de fragiliser la stabilité et le fonctionnement harmonieux des institutions et même à provoquer la démission du Gouvernement, Sylvestre Ilunga s’en est pris à des termes peu respectueux en la personne du Chef de l’Etat. « Le Premier Ministre demande solennellement à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, de garantir le bon fonctionnement des institutions, d’assurer le respect de l’Etat de droit, de veiller au respect de toutes les procédures constitutionnelles, légales et réglementaires, notamment les immunités dont sont couverts les membres du Gouvernement, ainsi qu’à leur sécurité physique et juridique », lit-on dans le communiqué signé par le Directeur de la Communication et Porte-parole du Premier ministre, Albert Lieke Milay.

Décidément déterminé à décharger sa colère sur le Président de la République, le Premier ministre lui a aussi demandé de «garantir le respect du secret des délibérations du Conseil des Ministres » en lui faisant savoir que dorénavant, il doit s’assurer qu’aucun membre du gouvernement ne puisse être poursuivi pour des opinions émises lors des délibérations du Conseil des Ministres.

Plus grave, et à la surprise générale, le Premier ministre s’est permis d’enjoindre au Président de la République, Magistrat suprême du pays, Commandant Suprême des Armées du pays et Garant du bon fonctionnement des Institutions, de saisir le Conseil Supérieur de la Magistrature pour que les auteurs de l’arrestation du Ministre de la Justice soient à leur tour interpellés. « Le Premier Ministre demande à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, en tant que garant du bon fonctionnement des institutions, de saisir le Conseil Supérieur de la Magistrature pour l’ouverture d’une action disciplinaire à charge des magistrats qui ont procédé à l’arrestation arbitraire du Vice-premier ministre, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux  et ce, en vertu des articles 47 et 49 de la loi organique n°06/020 du 10 Octobre 2006 portant Statut des Magistrats », a vociféré Sylvestre Ilunga. La réaction de la Présidence de la République est attendue dans les prochaines heures.

JPK

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