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Des taxes sur tout ce qui bouge au Sankuru: Le VPM Daniel Aselo interpellé

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La situation est grave au Sankuru. Très grave! La population de cette province paie un lourd tribu de l’interminable crise institutionnelle entre le gouverneur de province et l’Assemblée provinciale. Elle est soumise à des tracasseries de la part des agents de l’Etat commis dans les nombreuses barrières érigées à travers la province.

Alors que les principaux protagonistes de la crise qui oppose depuis près de deux ans les deux principales institutions provinciales du Sankuru se la coulent douce à Kinshasa et à l’étranger, la population Sankuroise vit dans une sorte de prison à ciel ouvert.

Selon les témoignages recueillis sur place, les autorités provinciales ont instauré de nombreuses taxes qui rendent la vie difficile aux populations.

Le correspondant d’alternance.cd à Tshumbe, deuxième centre commercial du Sankuru, a fait la ronde des territoires de Lubefu, Katako-Kombe et Lodja. Son constat est des plus accablants: « des barrières sont érigées entre chaque secteur et à chaque barrière, il faut payer 500 FC de droit d’entrée dans l’autre secteur ».

La rédaction de votre média en ligne a contacté plusieurs sources indépendantes. Toutes confirment l’instauration d’une litanie des taxes par les autorités provinciales du Sankuru.

Un commerçant basé à Djalo ayant séjourné récemment à Lodja, raconte qu’il a payé quatre taxes sur une distance de 75 km séparant les deux agglomérations. Il s’agit de la taxe dite de «volailles» pour les deux poules qu’il a amenées à sa famille de Lodja, une taxe pour le riz, une taxe pour le vélo et une taxe pour lui-même.

Les piétons ne seraient pas épargnés. Un habitant d’Opombo, village situé dans le territoire de Katako-Kombe, déplore le mauvais traitement que lui aurait fait subir des agents de la DGM commis dans l’une des barrières érigées en territoire de Lubefu. Faute du payement de la taxe dite de « piéton» il dit qu’on lui a ravi une paire de lagomes, la même qu’il portait. Le pauvre villageois a dû marcher pieds nus jusqu’à sa destination.

Lodja, l’épicentre des tracasseries au Sankuru

La situation est plus inquiétante à Lodja, principale agglomération et premier centre commercial du Sankuru.

En effet, les agents de l’Etat basés à Lodja taxent pratiquement tout ce qui bouge. Alors que la division provinciale de l’énergie et ressources hydrauliques délivre un document dénommé « autorisation occasionnelle de construction de four à briques cuits » moyennant de l’argent, les vendeurs des charbons de bois doivent se procurer l’«autorisation de vente des charbons », un autre document officiel. Coût de cette taxe: 5000 FC.

Il en est de même pour les vendeurs des poissons et même de certains produits agricoles. Le comble est que l’on soit détenteur ou non des autorisations d’exercer un quelconque commerce, les petits commerçants du Sankuru sont dans l’obligation de remettre de l’argent à chaque barrière.

Choqué, François Lendo, journaliste d’une radio basée à Lodja, lance un cri de détresse et interpelle le Vice-premier ministre, ministre de l’intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Daniel Aselo, lui-même originaire du Sankuru. Il lui demande de mettre fin à ces tracasseries.

Où vont ces recettes?

La réponse à cette question se trouverait en partie dans la lettre que le Vice-gouverneur du Sankuru, Paul Tchyabilo, a adressée au Président de la République en mai dernier. Lui présentant un rapport synthétisé sur la gestion du Sankuru, il a tenu à faire savoir, en substance, à Félix Tshisekedi, que profitant de la crise qui l’oppose à l’Assemblée provinciale, Joseph Stéphane Mukumadi gère la province du Sankuru comme sa propriété, c’est-à-dire sans orthodoxie financière.

Il a révélé à l’attention du Président de la République, notamment que le Gouverneur du Sankuru n’a jamais passé un mois entier dans la province, a dédoublé les services de son cabinet, faisant de son cousin, Guelor Pongo, un cabinet parallèle mobile avec un sceau du gouvernorat au détriment du cabinet figurant basé à Lusambo, chef-lieu de la province.

Conséquence, d’après le Vice-gouverneur du Sankuru : plus de 1700 correspondances moisissent à ce jour dans les tiroirs du gouvernorat faute du sceau pour les estampiller, aucune réunion ni avec les services du gouvernorat ni avec lui n’a été tenue et plus grave, la gestion des finances est totalement opaque.

Pour illustrer ses affirmations, Paul Tchyabilo a expliqué que c’est à peine 10 à 15% seulement des recettes de la province qui sont retraçables dans le compte de la province dont le Gouverneur est le seul détenteur de la signature.

Il est allé plus loin en indiquant que certaines perceptions sur les taxes sont directement versées sur le compte mobile money du Gouverneur Joseph Stéphane Mukumadi et que seuls environ 15% seulement des frais de fonctionnement arrivent au cabinet, le tout requérant l’autorisation du cousin du gouverneur, Guelor Pongo, présenté tantôt comme son secrétaire particulier, tantôt comme son assistant.

Entre temps, les lignes ne semblent pas bouger en ce qui concerne la crise institutionnelle entre le gouverneur et l’Assemblée provinciale du Sankuru.

Après l’échec de toutes les démarches entreprises par le caucus des députés nationaux et sénateurs, le sénateur Léonard She Okitundu préconise une concertation interinstitutionnelle au niveau national pour une solution durable.

RD44

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