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Amélioration du social des congolais : Pas de miracle du gouvernement Sama Lukonde

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Le gouvernement Sama Lukonde va totaliser, en ce mois d’avril, une année depuis son investiture par l’Assemblée nationale. En quinze piliers, le programme du gouvernement dit des Warriors avait ciblé quatre secteurs à savoir, la pacification de l’est du pays, la reconstruction du pays, l’Etat de droit et le social. Près de douze mois plus tard, la déchéance, le 30 mars 2022, du ministre de l’économie par les députés nationaux démontre que le volet social s’est soldé par un échec cuisant et que le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a fait piètre figure.

Devant l’Assemblée nationale, le jeune chef du gouvernement avait reconnu dans son discours d’investiture que, les congolais n’ont plus besoin de beaux discours, de bonnes intentions, mais d’actes concrets avec impact direct dans leur vie de tous les jours. Se voulant ambitieux, il s’était engagé à « créer une véritable union sacrée de la nation pour plus de prospérité, plus de solidarité, plus de sécurité, plus d’emplois, plus de justice et pour une meilleure gestion économique par la bonne gouvernance ».

A quelques jours du terme de la première année de son gouvernement, le Chef de l’Etat aura subi une impopularité record, selon un sondage publié le 24 mars dernier par trois organisations à savoir Berci, GEC et Ebuteli. Ce rapport met en lumière la défiance populaire vis-à-vis des représentants politiques dont les gouvernants.

Retour sur quelques points qui prouvent l’inefficacité des mesures du gouvernement Sama Lukonde et son fiasco au plan social.

1. Grogne sociale contre la taxe du RAM

Lancée en 2020 par l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPTC), officiellement pour lutter contre la circulation des téléphones contrefaits, la taxe dite du Registre des Appareils Mobiles (RAM) aura été l’un des points noirs du gouvernement Sama Lukonde.

Alors que le ministre des PT-NTIC, Augustin Kibassa Maliba avait indiqué devant les députés nationaux que depuis son lancement, la taxe RAM a permis de mobiliser plus de 25 millions de dollars américains ai profit du trésor public et que 38.108.106 appareils mobiles ont été enregistrés, l’Observatoire de la dépense publique (ODEP) l’avait contredit, en évoquant le montant d’environ 266 millions de dollars américains mobilisés.

Cette somme aurait été répartie comme suit : 40% pour le Trésor public, 30% pour le prestataire du service, la société SC Energy, 25% pour l’ARPTC et 5% pour les entreprises téléphoniques.

Malheureusement, ni l’ODEP, ni la commission économique, financière et contrôle budgétaire (ECOFIN) de l’Assemblée nationale n’ont trouvé la moindre trace des fonds générés par la taxe RAM tant dans le budget général, dans les budgets annexes que dans les comptes spéciaux.

Sous la pression de la population, le gouvernement a fini par rendre gratuit les services du RAM à partir du 1 er mars dernier, mais le mal était déjà fait, l’opinion publique ayant conclu à un vol Étatique.

2. Des chinchards qui ont coûté au ministre de l’économie son poste

Le projet d’achat des poissons chinchards en Namibie est considérée par une certaine opinion comme l’une des pires bêtises du gouvernement Sama Lukonde. En effet, le gouvernement de la RDC a payé plusieurs millions de dollars américains pour pêcher et acquérir des tonnes de poissons appelés chinchards afin de permettre la réduction de prix des surgelés et stabiliser les prix de ces poisons sur le marché.

Le lot acquis faisait partie du reliquat de la cargaison mise aux enchères en mai 2021 et qui n’a pas trouvé preneur auprès de l’industrie locale namibienne.

La suite de l’histoire est connue de tous: l’Assemblée nationale a voté la destitution du ministre de l’économie nationale, Jean-Marie Kalumba, jugé incapable de faire face à la flambée des prix des produits de première nécessité.

Les députés nationaux lui reprochent également de n’avoir pas pu élaborer et appliquer une politique cohérente pour soutenir les pêcheurs locaux.

3. La vague des grèves à l’ESU

L’image du gouvernement a également pâti des épisodes liés aux grèves à répétition dans l’enseignement supérieur et universitaire (ESU).

En dépit des états généraux organisés par le ministre de tutelle, Muhindo Nzangi, la question de l’amélioration des conditions salariales et sociales des Professeurs d’universités et du personnel académique n’a jamais été résolue. Conséquence : on va de grève à grève, de réunion en réunion et on frôle une année blanche dans certaines universités publiques.

  1. Les autres dossiers qui peuvent prolonger cette liste noire sont entre autres, les détournements des fonds dans beaucoup de ministères dont celui de l’EPST, l’humiliation subie par l’équipe nationale de football de la RDC aux barrages pour la qualification à la Coupe du monde Qatar 2022 et la liste n’est pas exhaustive.

Jean Pérou Kabouira

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