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Arrêté problématique du ministre de l’ESU: Le silence des Professeurs d’universités choque

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Les nominations et promotions du personnel académique et scientifique effectuées dernièrement par le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire(ESU) suscitent un débat dans l’opinion publique.

Alors que des organisations telle que l’Association Congolaise pour l’accès à la Justice (Acaj) sont montées au créneau pour dénoncer ce qu’elles décrivent comme le caractère irrégulier de l’arrêté ministériel n°0027 du 04 février 2021, les professeurs d’universités semblent avoir gobé son contenu. Principaux bénéficiaires des nominations et promotions, ils ont visiblement tout accepté, créant de ce fait un scandale qui met en mal l’avenir de l’enseignement universitaire en République Démocratique du Congo.

Depuis des lustres, les Professeurs d’universités sont considérés comme des savants. Partout à travers le monde, on les respecte pour leurs connaissances, pour ce qu’ils représentent à la société et pour ce qu’ils sont.
Et, quand ça ne va pas dans d’autres domaines de la vie nationale, ils sont toujours là pour montrer la bonne voie aux décideurs politiques.

En République Démocratique du Congo, certains professeurs d’universités éprouveraient malheureusement du mal à remarquer que l’arrêté ministériel n°0027 du 04 février 2021 portant nomination et promotion du personnel académique et scientifique des universités viole certaines dispositions légales.
Il s’agit, selon l’Acaj, de l’esprit et la lettre du communiqué officiel de la Présidence de la République daté du 30 janvier 2021, portant mesures conservatoires relatives à la démission du gouvernement de la coalition FCC-CACH. Au point 1 dudit communiqué signé par le Directeur de Cabinet du Chef de l’État, il est clairement mentionné qu’il est interdit la suspension jusqu’à nouvel ordre, des recrutements, des nominations, des promotions et mouvements du personnel à tous les niveaux.

D’après le président de l’Acaj, Maitre Georges Kapiamba, l’arrêté du ministre de l’ESU, Thomas Luhaka viole aussi les prescrits de l’ordonnance n°020/016 du 27 mars 2020 portant organisation et fonctionnement du Gouvernement, modalités de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement ainsi que les membres du Gouvernement en son article 20, en ceci que les ministres des Finances et celui du Budget n’auraient pas préalablement donné leur avis.
Où est la rigueur scientifique ?

Malgré ces arguments à béton qui font planer des sérieux doutes sur la régularité de cet arrêté, les Professeurs d’Universités s’en foutent.

Au contraire, les bénéficiaires célèbrent leur nomination ou promotion. Ce qui fait rire certains politiques, qui peuvent logiquement se demander s’ils ont encore des leçons à apprendre de ces grands hommes de science sur la bonne gouvernance et le respect des textes légaux.

Du coup, l’idée selon laquelle l’enseignement supérieur et universitaire congolais est en danger refait surface et inquiète sérieusement certains parents dont les enfants seront enseignés par des professeurs irrégulièrement nommés ou promus.
« Quelle urgence il y avait-il? », s’interroge un habitué des cabinets politiques. Désemparé, il estime que si les Professeurs d’universités congolais étaient encore un modèle de la société, ils prendraient tout leur courage pour demander au Ministre de l’ESU de rapporter son acte pour ne pas se voir un jour être rappelé d’avoir été promis par un acte polémique.

Junior Lomanga

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