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Présidentielle 2023: Jeanine Mabunda a-t-elle raté son destin ?

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C’est la saison des candidatures à la prochaine élection présidentielle en République Démocratique du Congo. Après le Chef de l’État Félix Tshisekedi, qui a annoncé son intention de se présenter à sa propre succession, d’autres poids lourds ont déjà annoncé leurs intentions. C’est le cas du président national de Leadership pour la Gouvernance et le Développement (LGD), Matata Ponyo et celui de Ensemble pour la République, Moïse Katumbi. Il y a aussi l’opposant Martin Fayulu, qui a été investi candidat par le congrès de son parti politique, Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (EciDé), en vue de tenter une revanche face à Tshisekedi.

A une année et demi de cette élection présidentielle censée se tenir théoriquement en 2023, le Front Commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila ne donne aucun indice sur son probable candidat. Mais un nom aurait pu être cité en ce moment. Il s’agit de Jeanine Mabunda, ancienne Présidente de l’Assemblée nationale. Malheureusement, cette dernière semble avoir chié sur son destin.

Désignée au poste de Président de l’Assemblée nationale par l’Autorité morale du FCC, alors en alliance avec son successeur à la tête du pays, Jeanine Mabunda était élue triomphalement au perchoir. Durant un peu plus de deux ans, elle avait gagné en influence tant au plan national qu’international.

Personne ne la voyait venir mais sans doute, elle s’était positionnée comme une probable candidate de la famille politique de Joseph Kabila à l’élection présidentielle de 2023.

N’est pas candidat qui veut

Mais tout est allé vite pour la dame de fer. Avec son collègue président du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba, lui aussi issu du FCC, elle avait abordé la question de la dissolution de l’Assemblée nationale, évoquée avec insistance par l’entourage du Chef de l’État, lors d’une rencontre qu’elle qualifiera d’« entretien- vérité » avec ce dernier, le 13 janvier 2020.

Quelques semaines plus tard, elle atteindra la phase du non retour dans son bras de fer avec la famille politique présidentielle, en répondant au Président de la République sur l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale, en demandant d’éviter de malentendus et les risques de haute trahison.

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Devant la presse, Jeanine Mabunda avait déclaré, en réponse à la menace du Chef de l’Etat de dissoudre l’Assemblée nationale, que « n’est pas juriste qui veut et nous devons être prudents (…) quand nous évoquons des textes constitutionnels ».

Pour le camp présidentiel, elle venait de commettre un crime de lèse-majesté. Vite, des réunions politiques stratégiques se sont multipliées tant au sein du Cap pour le Changement (CACH) qu’au FCC.

Trahie par sa propre famille politique ?

Selon des témoins, les adversaires internes de Mabunda au sein de sa propre famille politique auraient profité de sa sortie médiatique pour l’affaiblir auprès de leur Autorité morale, qu’il suspectait de la préparer à briguer la magistrature.

Deux camps se seraient alors formés au Front Commun pour le Congo, le premier composé des anti Mabunda, qui mettaient en place un scénario de son remplacement à la tête de l’Assemblée nationale et le second, qui conditionnerait la poursuite de la coalition FCC-CACH par son maintient.

Aucun des deux camps n’avaient obtenu gain de cause car, Félix Tshisekedi finira par mettre fin à la coalition avec son prédécesseur, ce qui entraîna de facto la chute du bureau Mabunda et la reconstitution d’une nouvelle majorité parlementaire sous l’étiquette d’une union sacrée de la Nation.

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Destituée en décembre 2020 par 281 sur 483 députés nationaux ayant participé au vote de sa destitution, celle qui était très proche de Joseph Kabila a disparu des radars de la politique congolaise.

Elle a mis plus de quinze mois pour diggerer sa destitution avant de réapparaître de nouveau à l’Assemblée nationale, entant que députée nationale ordinaire à l’ouverture de la session de mars 2022.

Déplumée, Jeanine Mabunda a, du point de vue de beaucoup d’analystes politiques, loupé une occasion en or d’être candidate du FCC à la présidentielle prévue en 2023.

A sa place ce sont les Francine Muyumba, Moïse Ekanga et Albert Yuma qui sont cités comme probables candidats de la famille politique de Joseph Kabila.

Jean Pérou Kabouira

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