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RDC: Ce que Christophe Lutundula a dit à la 9427e séance du conseil de sécurité de l’ONU

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Les urgences du moment du gouvernement congolais de la République démocratique du Congo, notamment la fin de l’agression rwandaise et le retrait des troupes du Nord-Kivu, l’éradication des groupes armés terroristes dont le M23, le retour des populations déplacées à leurs domiciles, la restauration de l’autorité de l’Etat congolais dans les territoires occupés par le M23, l’organisation des élections générales sur l’ensemble du territoire national et la mise en œuvre du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS) sont entre autres sujets développés par le vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula, dans son intervention à la 9427e séance du Conseil de sécurité des Nations unies, jeudi 28 septembre 2023, à New-York.

Intervenant en marge de la 78 ème Assemblée générale de l’ONU, le chef de la diplomatie congolaise a exprimé au Conseil la volonté du gouvernement d’accélérer le retrait de la Monusco décidé par le Conseil de sécurité depuis cinq ans, en ramenant le démarrage de ce retrait progressif, ordonné, responsable et durable de la fin de l’année 2024 à celle de l’année 2023 en cours.

Ci-dessous l’intégralité de son discours.

INTERVENTION DU VICE-PREMIER MINISTRE, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO, R.D.C, AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES EN SA SÉANCE DE JEUDI 28 SEPTEMBRE 2023.

Monsieur le Président du Conseil de sécurité ;

Mesdames et Messieurs les Représentants permanents des pays membres du Conseil de sécurité ;

Mon intervention de ce jour devant votre auguste Conseil sera un bref rappel de l’approche actuelle de la République Démocratique du Congo sur la crise sécuritaire grave qui sévit depuis un quart de siècle dans sa partie orientale, plus précisément dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, victimes des activités criminelles des groupes armés terroristes dont le Mouvement dit du 23 mars, M23, soutenu en matériels de guerre et en hommes des troupes par le Rwanda, agresseur de notre pays connu des Nations Unies.

En effet, par ma lettre du 1er septembre en cours, adressée à Monsieur le Président du Conseil de sécurité, j’ai communiqué à votre haute institution la vision et les propositions du Gouvernement de la RDC pour un partenariat efficace et fructueux avec l’Organisation des Nations Unies afin de rétablir réellement et durablement la paix ainsi que la sécurité sur l’ensemble de notre territoire national ; ce qui, sans nul doute, contribuera à restaurer la confiance rompue entre elle et le Peuple congolais et à redorer l’image ternie de notre Organisation. Je confirme le contenu de cette lettre et remercie le Conseil de bien vouloir s’y pencher en profondeur, avec la plus grande lucidité et objectivité, dans un esprit constructif.

Monsieur le Président,

Permettez-moi donc de vous rafraichir la mémoire en relevant qu’en décembre de l’année dernière, j’ai eu le privilège d’appeler l’attention des membres du Conseil sur le fait que les massacres des populations congolaises, les atrocités les plus barbares, les violences sexuelles sur les femmes, le recrutement des enfants soldats, les violations massives des droits de l’Homme et l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC perpétrés par les groupes armés terroristes continuaient et s’amplifiaient à l’Est de notre pays et ce, en dépit de la présence au Congo d’environ 16.000 hommes des troupes de l’O.N.U pendant 25 ans et des milliards des dollars américains dépensés pour y restaurer la sécurité et la paix.

Je vous ai également alertés sur les vives tensions qui envenimaient les relations entre la Mission de l’Organisation des Nations Unis pour la stabilisation au Congo, MONUSCO, et les populations congolaises, plus spécialement celles des territoires ravagés par ces groupes armés et qui ne cessent jusqu’à ce jour de reprocher à cette mission onusienne sa passivité et son incapacité avérées de les protéger contre ces groupes des criminels et de contribuer à mettre fin à l’insécurité quasi permanente dont elles sont victimes.

Afin d’arrêter la dégradation continue de de la situation, de donner les chances de réussite aux processus de paix de Nairobi et de Luanda et de prévenir le pire, je vous ai non seulement suggéré de « clarifier le mandat de la MONUSCO » mais aussi signifié « la préférence du Gouvernement de la R.D.C de voir la MONUSCO concourir à l’imposition de la paix, Peacemaking, et équipée d’un armement adapté aux défis et enjeux du moment » face à une armée conventionnelle d’un État membre de l’O.N.U, les Forces de Défense du Rwanda, RDF, et à ses supplétifs du M23.

Au demeurant, cette demande recoupait la déclaration du Secrétaire Général de l’O.N.U, Monsieur Antonio Guterres, à la presse internationale, reconnaissant avec beaucoup de sincérité et un sens élevé de responsabilité, l’impossibilité pour la MONUSCO d’affronter le M23, en possession d’armes lourdes et plus sophistiquées que les siennes, d’une part, et, d’autre part, proposant, lui aussi, de renforcer son mandat ainsi que ses équipements militaires pour qu’elle accomplisse ses missions statutaires de protection des populations civiles et d’appui aux FARDC.

Par ailleurs, j’ai, à la même occasion, renouvelé la requête du Gouvernement congolais au Conseil de condamner fermement l’agression de notre pays par le Rwanda et de sanctionner sévèrement les auteurs matériels et intellectuels des crimes de guerre et de ceux contre l’humanité commis sur notre territoire national.

Cependant, dans sa résolution 2666(2022) du 20 décembre 2022, le Conseil de sécurité n’a tenu compte ni des préoccupations et propositions du Gouvernement de la RDC ni des conseils judicieux du Secrétaire Général. Il a renouvelé le mandat de la MONUSCO sans aucun ajustement, comme si de rien n’était.

 A l’évidence, cette attitude figée du Conseil de sécurité, fermant les yeux sur les réalités du terrain, faisant fi des revendications légitimes des Congolais et rechignant de requalifier le statut de la MONUSCO, n’a pas donné à la dynamique de la paix à l’Est de la RDC une impulsion nouvelle.

Bien au contraire, comme on pouvait s’y attendre, l’hostilité de la population contre la MONUSCO au Nord-Kivu s’est accrue, plaçant son personnel dans la psychose de l’insécurité et provoquant les incidents violents du 30 août dernier à Goma avec la mort de 42 Congolais, après ceux de juin-juillet 2022 à Goma, Béni, Butembo et Kasindi au cours desquels 30 Congolais et 5 casques bleus ont perdu la vie.

Comme en témoigne le dernier rapport du Secrétaire Général au Conseil de sécurité en date du 02 août dernier, la situation sécuritaire au Nord-Kivu n’a fait que se détériorer et la tragédie humanitaire s’est amplifiée touchant à ce jour environ 5 millions des personnes déplacées. La tension dans la Région n’a pas, non plus, baissé.

Garantis de l’impunité le Rwanda et le M23 s’entêtent à ne respecter aucun engagement pris, à ne pas appliquer le plan de paix issu des processus de Nairobi et de Luanda, à ne pas se soumettre aux recommandations de la communauté internationale et à ne pas répondre aux appels répétés du Conseil de sécurité de l’ONU, de l’UA, des Communautés régionales africaines et des partenaires bilatéraux au retrait des territoires congolais occupés.

À ce jour, le Rwanda renforce ses troupes au Nord-Kivu. Le M23 refuse le pré-cantonnement au camp de Rumangabo, le désarmement et le cantonnement dans les sites aménagés dans la province du Maniema avant son retour au processus de Nairobi et l’intégration de ses membres au Programme de Désarmement-Démobilisation-Relèvement Communautaire et Stabilisation, P-DDRCS. Pour tout dire, le processus de règlement de la crise sécuritaire à l’Est de la RDC et dans la Région des Grands Lacs est aujourd’hui totalement bloqué par eux.

Ce que d’aucuns considèrent à tort comme une accalmie n’est en réalité qu’un simulacre de cessation des hostilités de la part du M23 et de son géniteur, le Rwanda, mieux un enlisement qui leur permet de consolider l’occupation de la province congolaise du Nord-Kivu par l’armée rwandaise et la tentative de partition de notre pays.

Monsieur le Président,

Je le répète, une fois de plus, le Peuple congolais, son Président, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et son Gouvernement ne peuvent jamais accepter un tel martyr et une telle infamie auxquels aucune fatalité ne les prédestine ni les condamne.

C’est pourquoi, afin d’éviter de tourner en rond alors que la gravité de la situation exige célérité et efficacité dans l’action, notre Gouvernement a opté pour l’accélération du retrait de la MONUSCO décidé par le Conseil de sécurité, depuis 5 ans, dans sa résolution N° 2409 (2018) du 27 mars 2018, en ramenant le démarrage de ce retrait progressif, ordonné, responsable et durable de la fin de l’année 2024 à celle de l’année 2023 en cours.

Ce réaménagement tactique du retrait de la MONUSCO vise les objectifs ci-après :

  1. désamorcer la tension toujours croissante entre la MONUSCO et la population et éviter de reproduire les tristes expériences d’un retrait précipité, forcé et parfois dans la violence des troupes de l’O.N.U (Angola, Burundi, Éthiopie, Somalie et actuellement en Afrique de l’Ouest) ;
  2. prévenir la répétition des incidents dramatiques de Goma, Béni, Butembo et Kasindi ;
  3. Assurer une sortie honorable à la MONUSCO et préserver les acquis de son action en RDC ;
  4. restaurer la confiance entre la population congolaise et les Nations Unies, recrédibiliser celles-ci et redorer l’image de l’ONU ternie ;
  5. expérimenter d’autres mécanismes de partenariat avec l’ONU pour la paix, mieux élaborés et plus efficaces sur base des besoins réels et des priorités actuelles de la RDC afin de résorber la crise sécuritaire et humanitaire dans le pays et dans la Région des Grands Lacs.

À ce sujet, il est essentiel de rappeler que la priorité et l’urgence du moment pour la RDC en matière sécuritaire sont : la fin de l’agression rwandaise et le retrait de ses troupes du Nord-Kivu, l’éradication des groupes armés terroristes au Congo dont le M23, le retour des populations déplacées à leurs domiciles, la restauration de l’autorité de l’État congolais dans les territoires occupés par le M23, l’organisation des élections sur l’ensemble du pays et la mise en œuvre du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation, P-DDRCS, en un mot, la restauration de la paix et de la sécurité dans tout le pays.

C’est ici le lieu d’affirmer qu’il est temps que l’ONU, en général, et le Conseil de sécurité, en particulier, tirent les leçons de ses interventions en Afrique et change de paradigme quant à ses missions de paix dans notre continent. Il ne s’agit donc pas d’une simple reconfiguration de la MONUSCO. Ça serait une erreur, mieux une faute que de donner l’impression de reconduire une MONUSCO nouvelle version.

En vue d’atteindre les objectifs ci-dessus, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo demande avec insistance au Conseil de sécurité, d’une part, de s’inscrire dans la logique de l’accélération, et non de la précipitation, du retrait de la MONUSCO qu’il importe de démarrer au plus tard à la fin de 2023; accélération préconisée, par ailleurs, par Le Secrétaire Général de l’O.N.U dans son dernier rapport prérappelé et, d’autre part, d’instruire le Secrétariat Général d’engager en urgence des discussions avec le Gouvernement de la RDC dans le cadre du comité conjoint institué par la résolution n°2409 du 27 mars 2018 susmentionnée, sur les matières ci-après :

  1. l’élaboration par l’État-Major des Forces Armées de la RDC (FARDC) et le Commandement des Forces de la MONUSCO du plan de désengagement et du chronogramme de retrait progressif et ordonné des troupes onusiennes ;
  2. la définition des modalités pratiques de transfert graduel des activités assurées par la MONUSCO, aux Agences traditionnelles, Fonds, Programmes de l’ONU ainsi qu’au Gouvernement de la RDC ;
  3. la diminution progressive des effectifs de la MONUSCO ;
  4. l’élaboration du plan opérationnel de la mise en œuvre du retrait ;
  5. la définition précise des tâches à accomplir par la MONUSCO pendant la transition au titre de quatre (4) jalons retenus dans le plan de transition révisé, à savoir, la sécurité, la protection de la population civile, l’accompagnement électoral et le P-DDRCS.

Les activités préparatoires ci-dessus sont indispensables pour donner un contenu réel au retrait, le visualiser et surtout mesurer l’ampleur exacte des tâches à accomplir.

Le rapport des travaux du Comité conjoint sur les questions fondamentales ci-dessus devra être déposé au Gouvernement de la République et au Conseil de sécurité au plus tard à la fin du mois d’octobre prochain.

Il va de soi que le retrait de la MONUSCO étant progressif, il sera évalué régulièrement et les difficultés qui surgiront en cours d’exécution, seront examinées conjointement par les deux parties, congolaise et onusienne pour des solutions idoines.

Notre Gouvernement attend, en outre, du Conseil de sécurité que, lors de sa session du mois de décembre prochain, il tire toutes les conséquences de la nouvelle approche du retrait de la MONUSCO dans la résolution qu’il adoptera sur son statut pendant la transition.

Monsieur le Président,

Pendant les échanges sincères que la délégation qui m’accompagne et moi-même avons eus depuis la semaine dernière en bilatéral avec les représentants des cinq (5) pays membres permanents du Conseil de sécurité, ceux de trois pays africains non-membres permanents et le Président du Conseil ainsi que les délégués des autres États membres de l’ONU, nous avons noté avec satisfaction que le consensus se dégage quant au fond sur le retrait accéléré et échelonné de la MONUSCO.

Cependant, deux préoccupations pertinentes sont revenues comme un leitmotiv dans les déclarations de nos interlocuteurs, à savoir, la protection des populations civiles après le départ de la MONUSCO et la coordination des initiatives régionales pour la gestion de la crise sécuritaire en Ituri et au Nord-Kivu. Nous remercions tous nos partenaires pour l’intérêt qu’ils portent sur le retour de la paix et la fin de la guerre dans ces deux provinces ainsi que pour leur marque de solidarité avec le Peuple congolais.

Au nom du Président et du Gouvernement de la République Démocratique du Congo, je voudrais rassurer tous de ce que non seulement nos dirigeants qui ont le devoir constitutionnel de sécuriser tous les habitants de notre pays, sont suffisamment conscients des problèmes soulevés, mais aussi des dispositions efficaces ont été prises afin qu’avec les populations elles-mêmes leur sécurité soit prise en charge par nos forces de défense et de sécurité, étant entendu bien sûr qu’il n’y a pas moyen plus sûr de les sécuriser que de mettre fin à la guerre. Il n’y aura meilleure protection des droits de l’Homme que la fin de la guerre.

En fait, c’est la protection des populations qui est au centre du retrait accéléré de la MONUSCO exigé par les mêmes populations. Quant à la coordination des initiatives de paix régionales, il convient de rappeler que sous les auspices de l’Union Africaine, U.A, le Sommet conjoint des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), de la Communauté pour le Développement de l’Afrique Australe (SADC), de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), et de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) tenu à Luanda le 27 juin 2023, a institué une Quadripartite des Communautés régionales ci-dessus qui coordonne et harmonise leurs initiatives en RDC.

C’est dans ce cadre que les Chefs des États-Majors de leurs Forces respectives et celui des FARDC se réuniront le 04 octobre prochain à Addis-Abeba pour examiner toutes les initiatives en cours et convenir des actions à entreprendre pour dégager toutes les entraves au règlement du conflit armé en RDC.

Pas plus qu’hier, les Chefs d’État des pays membres de l’Organe de la SADC chargé des questions politiques et sécuritaires se sont réunis pour convenir des modalités du déploiement de la Force régionale de la SADC. Cette initiative vient donc de marquer ainsi une avancée significative.

Quoiqu’il en soit, la RDC n’entend point rompre avec les Nations Unies ni avec les autres partenaires bilatéraux et multilatéraux désireux d’appuyer les efforts internes selon les formes convenues avec notre Gouvernement.

Monsieur le Président ;

Ce serait manquer de sagacité et contraire à la vérité que de considérer le retrait de la MONUSCO comme une fin en soi et une panacée à l’insécurité ainsi qu’aux violences récurrentes à l’Est de la RDC et dans la Région des Grands Lacs.

Ce retrait participe plutôt à la facilitation et aux efforts de déblocage d’un processus de paix très laborieux et fort complexe délibérément bloqué par le Rwanda et ses supplétifs du M23 qui continuent ainsi à défier le Peuple congolais et à narguer la Communauté des Nations.

Ce pays voisin et ce groupe armé terroriste ont transformé le Nord-Kivu en une poudrière qui n’attend qu’une étincelle pour embraser de nouveau cette province martyr depuis deux décennies et demie.

Comme en témoigne l’évaluation du Secrétaire Général de l’O.N.U. dans son récent rapport du 02 août 2023 sur les 12 derniers mois (2022-2023), la situation sécuritaire et humanitaire à l’Est demeure catastrophique. Au niveau international, ce constat interpelle sans doute au premier chef le Conseil de sécurité, organe central des Nations Unies en matière de paix et de sécurité internationales.

C’est pourquoi, la République Démocratique du Congo appelle le Conseil à sortir de sa torpeur pour assumer ses responsabilités statutaires.

En effet, pour paraphraser notre Président de la République dans son adresse à la 78ième session de l’Assemblée Générale de l’O.N.U, le 20 septembre en cours, il est inadmissible et injuste notamment que plusieurs rapports des groupes d’experts mandatés par l’O.N.U elle-même pour enquêter sur la situation sécuritaire en RDC, dûment déposés au Conseil moisissent dans ses tiroirs depuis plusieurs années sans être examinés ; que des personnes citées dans ces rapports comme responsables et récidivistes des crimes graves contre l’humanité, des crimes de guerre et des violations massives des droits de l’Homme au Congo restent impunies dans le silence total du Conseil, comme si il les encourageait à poursuivre leurs actes criminels.

Il y a eu des massacres à Kishishe en novembre 2022, de Kizimba en mars 2023, de Tongo en mai 2023 et de Bukombo en juillet 2023, aucune enquête n’a été diligentée par le Conseil de sécurité qui n’a pas, d’ailleurs, donné suite différentes aux requêtes du Gouvernement congolais dans ce sens. Ces faits graves sont passés comme par pertes et profits.

Aussi le Gouvernement de la RDC a-t-il déposé, le 19 septembre courant, à la présidence du Comité des sanctions de l’O.N.U assurée par la République du Gabon les noms des personnes et entités citées dans les rapports susmentionnés pour leur inscription sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité.

Notre pays espère que cette fois-ci, le Conseil daignera s’y pencher et suivra les bons exemples du Gouvernement des États-Unis d’Amérique qui a sanctionné le Rwanda pour son soutien aux terroristes du M23 et de la France qui vient de sanctionner deux dirigeants du même groupe et des criminels des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda.

Quant aux prochaines élections, je confirme les propos du Chef de l’État à la tribune de la 78ième session de l’Assemblée Générale de l’ONU. Elles auront bel et bien dans le délai constitutionnel, le 20 décembre prochain. Elles seront libres inclusives et transparentes. Toute personne remplissant les conditions légales y participera. Il convient d’indiquer, en outre, que toutes les familles politiques et les indépendants ont déposé à la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI, leurs dossiers de candidature aux élections législatives, provinciales, urbaines et communales. La Cour constitutionnelle a vidé le contentieux des candidatures et les listes définitives des candidatures sont en train d’être publiées depuis trois jours. Le dépôts des candidatures à l’élection présidentielle est en cours. Le Gouvernement a lancé les invitations aux organisations internationales dont l’ONU et à celles non-gouvernementales pour mandater leurs missions d’observation électorale. Il remercie l’ONU pour son appui au processus électoral à travers son Département des Affaires politiques et la MONUSCO. La seule préoccupation à ce jour est la participation encore probable des Congolais des territoires occupés par le M23 et le Rwanda aux scrutins.

Monsieur le Président ;

S’agissant des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda, alibi dont se sert toujours le Rwanda pour justifier son agression de notre pays et son soutien au M23, leurs membres n’étant pas des citoyens congolais, notre Gouvernement propose au Conseil de sécurité, à l’Union Africaine, U.A et aux Communautés régionales de créer un mécanisme ad hoc ou une force spéciale qui descendra sur le terrain au Nord-Kivu pour les identifier et les chasser du territoire congolais. La République Démocratique du Congo est prête à s’associer à une telle initiative pour éradiquer définitivement ce force négative.

Monsieur le Président ;

Mesdames et Messieurs les représentants des pays membres du Conseil de sécurité ;

L’Organisation des Nations Unies est avant tout l’expression d’un vouloir vivre en commun des Peuples de notre planète fondé sur un minimum de communauté des valeurs fondamentales notamment la justice, le respect des droits humains, respect mutuel, la solidarité et l’humanisme.

Vous avez la lourde responsabilité de faire triompher ces valeurs et de garantir la paix dans le monde. Vous avez les capacités juridiques, politiques et matérielles de contraindre toutes les parties récalcitrantes à mettre intégralement en œuvre intégrale la feuille de route issue des processus de Nairobi et de Luanda et d’arrêter, par conséquent, l’enlisement dangereux en cours dans la crise sécuritaire à l’Est de la RDC.

Agissez, agissez avant qu’il ne soit trop tard. Il est temps de dire le droit en sanctionnant l’agression avérée de la RDC par le Rwanda et les crimes du M23 sur le territoire congolais. Il est grand temps de hausser le ton en sommant sans équivoque aussi bien le M23 à déposer les armes, à aller en cantonnement dans les sites prévus à cet effet et à s’intégrer dans le P-DDRCS, que le Rwanda à retirer sans condition ses troupes du Congo et à cesser son soutien au M23.

Pour sa part, la RDC n’a pas failli à ses engagements. Nous nous ne cesserons jamais de nous battre pour protéger l’intégrité territoriale et l’indépendance de notre pays et assurer le bien-être de sa population. C’est pourquoi, dans le plus bref délais, nos compatriotes forcés au déplacement intérieur par la guerre nous imposée par le Rwanda et le M23, rentreront à leurs domiciles pour y exercer leur droit légitime d’élire leurs dirigeants à tous les niveaux. Ils ne peuvent plus continuer à vivre comme du bétail dans les camps de fortune des déplacés. L’autorité de l’État congolais sera rétablie bientôt dans les territoires occupés par nos agresseurs.

Je vous réitère la plus grande importance que notre Chef de l’État et notre Gouvernement attachent aux bonnes relations avec l’O.N.U et leur conviction profonde que c’est en étroite collaboration avec elle dans la compréhension mutuelle, l’harmonie, la sincérité et avec plus de volonté politique qu’il sera possible de restaurer durablement la paix et la sécurité tant à l’Est de notre pays que dans l’ensemble de la Région des Grands Lacs. À cet effet, la RDC reste à la disposition du Conseil de sécurité.

Je vous remercie

New York, le 28 septembre 2023

Le Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires Étrangèreset de la francophonie

Christophe LUTUNDULA APALA Pen’APALA

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