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RDC : Le choix du sous développement

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Par Freddy Bononga, analyste politique indépendant

La RDC n’appartient plus aux congolais que virtuellement. Dans notre propre pays nous ne sommes propriétaires de grand chose.70 % de minerais stratégiques appartiennent aux firmes étrangères, qui les exploitent et les vendent sur le marché international. C’est elles qui spéculent avec ses réserves sur le marché financier. C’est le même cas avec le secteur de pétrole et du gaz. Un scandale géologique qui n’est resté qu’un slogan.
Dans le secteur de banque, assurance, alimentaire, transport logistique, commerce, secteur comprenant les hôtels, auberges, bars et restaurants, est détenu soit par les Libanais ou indo-pakistanais.

Les entreprises publiques de l’État, réformées depuis 2008, sont toujours considérées comme des canards boiteux.
Face à ce tableau sombre, il y a des urgences à mettre pour sauver le capital économique. Le Gouvernement devrait beaucoup plus se focaliser dans des actions à récupérer les activités économiques, pour offrir aux congolais le social, puisqu’au plus haut sommet de l’État, nous avons un parti politique de l’idéologie sociale.
Tant vanté sur l’idéologie socio-démocrate, le peuple d’abord, c’est la mauvaise gouvernance qui symbolise la gestion des affaires de l’État.

Le but de la politique c’est la réalisation de certaines valeurs publiques importantes pour aboutir au développement, la justice équitable, et le bien être collectif.
Le cursus politique est considéré comme un engagement à servir le peuple. L’engagement pour occuper des fonctions publiques est pour le bien vivre collectif. Les politiciens sont censés exister non pas pour eux-mêmes, mais pour servir la population.

En juin 2021, la République octroie, à titre de récompense, des jeeps aux élus du peuple.
609 véhicules aux Députés et Sénateurs. Un tél don des dizaines de millions de dollars ne soit accordé à quelques individus, inexplicable !
Lorsque les ressources publiques sont privatisées pour servir des intérêts individuels, la société devient plus pauvre.
Cette somme devrait financer des projets que la population allait bénéficier. Construction des écoles, hôpitaux, routes de déserte agricole, redynamiser les activités de diverses compagnies en difficulté, à l’occurrence Transco et Congo Airways.

La folie peut parfois se définir comme le fait de reproduire les mêmes actes et s’attendre à un résultat différent. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets peu importe les personnes aux commandes.

Le Gouvernement a lancé un programme de développement local des 145 territoires. Un programme très ambitieux qui va permettre de désenclaver et développer nos territoires. Un vaste programme qui va nous coûter nos quelques 1,66 milliards $. Une véritable clé pour le vrai développement de notre pays si et seulement ce projet est exécuté dans le souci de développer nos provinces, villes, territoires, chefferies, villages, etc.

Entre temps, le pays s’apprête à aller aux élections. Une gymnastique de tous les 5 ans qui coûte au Trésor public 600 millions de $.

Ils viendront avec des discours populistes, avec des messages et slogans creux, et diront qu’ils sont là pour le peuple.

Aimer son peuple c’est lui offrir le meilleur, un système de santé moderne et d’éducation adapté, des infrastructures, la sécurité, veuiller sur sa population.
Notre pays accuse un retard de développement.
Ainsi, pour faire face à une gestion efficiente et efficace, chaque acteur impliqué dans la gestion devrait être conséquent dans le rôle à jouer.

Au parlement, lui revient l’entière responsabilité de contrôler, et sanctionner tout mandataire et acteur public contrevenant. Nous avons vu, face à la délinquance managériale du Ministre de l’économie, une sanction exemplaire. Le Ministre a été destitué des suites d’une motion de méfiance. C’est une première en République Démocratique du Congo depuis 2006, l’avènement de la 3è République, un membre du gouvernement issu de la majorité parlementaire soit destitué par l’Assemblée nationale. Une gestion calamiteuse dans ce secteur. la hausse des prix de produits de première nécessité depuis plus d’un an, la mauvaise gestion de 20 millions de dollars déboursés pour l’achat des chinchards en Namibie partis en fumée.
Un des défis majeurs auxquels a fait face la bonne gouvernance dans notre pays a été d’appliquer le système de transparence. L’inspection Générale de finances joue un rôle crucial dans la consolidation de l’État de droit. Elle doit mettre à la disposition de la justice des éléments probants des acteurs cités dans la mauvaise gouvernance et détournement des deniers publics. La justice doit être l’élément clé dans le processus de développement.
La justice économique favorise l’utilisation des ressources de l’État afin d’accroître la vie sociale des Congolais , en accordant une particulière attention aux personnes vulnérables et marginalisées.

Puisque les élections nous coûtent des centaines de millions de dollars, ce sera impératif d’organiser les bonnes élections, transparentes, crédibles et démocratiques pour permettre au peuple congolais de sanctionner ces autorités politiques dans les urnes.