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Président de l’UNPC: Gaby Kuba se dit « farouchement opposé » à la dépénalisation du délit de presse

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Bien malheureux tout journaliste congolais qui compte sur la solidarité de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) en cas de menace ou d’arrestation pour ses opinions. Le Président national de cette structure, Gaby Kuba n’accordera aucune attention à la sollicitation qui viendrait des journalistes considérés à ses yeux comme affichant un comportement déviant.

Il l’a dit clairement et publiquement, mardi 31 mai 2022, à l’occasion de l’atelier de formation des journalistes sur la lutte contre les discours et les messages incitatifs à la haine, organisé par le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme, à Kinshasa.

Partant du principe qu’aucun pouvoir n’accorde aux médias la liberté absolue, le Président national de l’UNPC a invité les chevaliers de la plume et du micro à se « désolidariser des confrères qui affichent un comportement déviant ».

Invité à exposer sur « le rôle et la responsabilité du journaliste dans l’exacerbation des discours de messages incitatifs à la haine », Gaby Kuba a révélé que « la plupart des meilleurs journalistes congolais se sont désengagés de l’UNPC » à cause du comportement « de certains journalistes qui se considèrent comme célèbres ».

D’abord la salubrité de la presse

Pour Gaby Kuba, il est hors de question de parler de la dépénalisation du délit de presse en République Démocratique du Congo avant la mise en application des résolutions des états généraux de la communication et médias.

« Je m’oppose farouchement à la dépénalisation du délit de presse tant que nous n’aurons pas fait la salubrité de la presse », a déclaré le président de la principale organisation professionnelle des journalistes congolais.

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Interpelé par les journalistes présents dans la salle, il les a renvoyés à l’article 5 du Code de déontologie et d’éthique du journaliste congolais.

Cet article stipule que tout journaliste doit « bannir l’injure, la diffamation, la médisance, la calomnie, les accusations sans preuves, l’altération des documents, la déformation des faits, le mensonge, l’incitation à la haine(religieuse, ethnique, tribale régionale ou raciale) ainsi que l’apologie de toute valeur négative dans la pratique quotidienne de son métier ».

A la question de savoir quelles sont les mesures prises par l’UNPC pour recadrer les brebis galeuses, Gaby Kuba a reconnu que les mesures disciplinaires prises par la commission de discipline souffrent d’application.

« C’est pour cela que j’ai pris la décision de suspendre la délivrance de la carte de presse. Elle ne sera levée qu’après le prochain Congrès extraordinaire de l’UNPC, conformément aux résolutions des états généraux de la communication et médias », s’est-il défendu Gaby Kuba.

En clair, le Président national de l’UNPC est favorable à l’arrestation et à des poursuites judiciaires contre des journalistes qui s’écartent du Code de déontologie et d’éthique du journaliste congolais et qui violent les lois du pays. Après tout, personne n’est au dessus de la loi.

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Sa position est similaire à celle du Ministre de la Communication et Médias qui soutient que la dépénalisation du délit de presse doit être précédée par la salubrité médiatique.

« Dépénaliser, le délit de presse tel que nous le voulons nécessite, et tous les juristes le savent, une modification de notre code pénal. C’est un pari que nous avons pris et que nous tiendrons avec l’espoir que ceux qui sont nos partenaires contribuent au travail préalable de salubrité médiatique en dénonçant de manière claire et ferme tous les dérapages constatés quotidiennement. Une telle réforme ne saurait se faire sans une presse totalement guidée par le respect des règles déontologiques et professionnelles qui constitue la véritable soupape de sécurité de tout journaliste », avait déclaré Patrick Muyaya à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai dernier.

Junior Lomanga

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