Home Politique Fustigeant le caractère illégal du processus électoral: John Omombo et les FSP préconisent un « dialogue électoral constructif »

Fustigeant le caractère illégal du processus électoral: John Omombo et les FSP préconisent un « dialogue électoral constructif »

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«Fraus omnia corrumpit ». Cet adage juridique latin, qui signifie « la fraude corrompt tout », particulièrement connu des juristes, devrait s’appliquer dans le cas du processus électoral en cours en République Démocratique du Congo.

Dénonçant ce qu’il considère comme l’inconstitutionnalité de la loi organique n°10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), telle que modifiée à ce jour, le parti politique Forces Socialistes Progressistes (FSP) appelle de tous vœux à un dialogue dit électoral constructif.

Le président national de cette formation politique, John Omombo Tshumba, a lancé, ce mercredi 24 août 2022, une campagne de sensibilisation pour la recherche du consensus autour du processus électoral.

Alors que la CENI vient de lancer les travaux d’actualisation des mesures d’application de la loi portant identification et enrôlement des électeurs, le parti politique FSP est vent debout contre ce qu’il décrit comme des « griefs substantiels qui fâchent la Constitution et la Loi électorale ».

Parmi ces griefs, il y a notamment, l’inconstitutionnalité de la Loi organique de la CENI; la hiérarchisation anarchique des opérations préélectorales et l’absence du consensus et de la confiance.

Déjà, le 16 juillet dernier, John Omombo a saisi officiellement le Président de la CENI, Denis Kadima, pour lui faire voir la nécessité de discuter à la fois du contenant que du contenu du processus électoral. Soutenant que la centrale électorale n’inspire nullement pas confiance et que lui-même le président de la CENI est un fruit d’une violation de la Constitution, le Président national des FSP est revenu à la charge ce mercredi.

Devant des journalistes des médias nationaux et internationaux réunis au centre CEPAS à Kinshasa, il a démontré, dans une rhétorique socratique, les raisons qui poussent son parti politique à exiger la convocation d’un dialogue électoral constructif.

« Les dispositions de l’article 1er alinéa 1er de la Constitution de la République Démocratique du Congo, telle que modifiée à ce jour, consacrent la laïcité de l’État congolais lorsqu’elles disposent : « la République Démocratique du Congo est, dans ses frontières du 30 juin 1960, un État de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible, social, démocratique et laïc ». Cependant, l’article 24 bis de la Loi organique n° 10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la Commission Électorale Nationale Indépendante telle que modifiée à ce jour remet en cause le caractère laïc de l’État congolais lorsqu’il attribue l’exclusivité de la désignation du président de la CENI aux seules confessions religieuses: <… le Président, désigné par la Société Civile, confessions religieuses». Ainsi, les branches de la composante Société civile qui ne professent pas 2 de foi religieuse et d’autres qui oeuvrent dans le domaine des élections se trouvent injustement exclues par cette disposition sélective qui entre en conflit avec l’article de la Constitution sus évoqué. Qui pis est, l’article 13 de la Constitution dispose qu’aucun congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni en aucune autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire », a-t-il démontré.

L’opération de la cartographie des bureaux de vote viole elle aussi la loi

John Omombo l’apôtre du dialogue électoral constructif

Selon le président national des FSP, la hiérarchisation des opérations préélectorales, telle que faite par la Centrale électorale, est anarchique.

Lire aussi Tshala Muana: Un ventre affamé n’a point d’honneur?

John Omombo a évoqué, à cet effet, l’actuelle Loi électorale, qui dispose en son article 47 bis que, « La cartographie électorale est définie en tenant compte des distances des électeurs par rapport aux lieux de bureaux de vote, les obstacles de distances à parcourir et de la stabilité des lieux des bureaux de vote. La Commission Électorale Nationale Indépendante publie, au plus tard trente jours avant le début de la campagne, la cartographie de bureaux de vote tenant compte du nombre des inscrits ».

Il a fait remarquer que « curieusement, nous constatons, non sans regret, que l’opération de la cartographie des bureaux de vote, qui devrait intervenir après celle d’identification et enrôlement des électeurs, se fait en violation flagrante des dispositions de la loi électorale précitée ».

De l’absence du consensus et de la confiance

Le SG des FSP, Prof Munzele M.(à l’extrême droite)

Rappelant que le consensus et la confiance demeurent deux éléments fondamentaux pour bâtir une gouvernance électorale, qui garantit un scrutin participatif, inclusif, crédible et apaisé, le leader des FSP note avec regret,
que, « malheureusement, ces leviers se trouvent amplement tordus notamment à cause du processus non consensuel de la définition du cadre juridique (élaboration de différentes lois) et, la procédure exclusive portant sur la désignation des membres de la CENI ».

En tout cas, pour John Omombo, l’absence remarquable de plusieurs acteurs clés du processus au premier Cadre de concertation est une illustration patente de ce manque cruel de consensus et de confiance.

Nécessité d’un dialogue électoral constructif

Le Secrétaire exécutif provincial des FSP Kinshasa (en blanc)

Le tableau des incongruités du processus électoral et du caractère illégal qui caractérise les dirigeants de la CENI étant si bien peint, le parti politique FSP exige, premièrement, l’annulation immédiate et sans condition de l’opération de la cartographie des bureaux de vote.

« Pour ce qui est de l’absence du consensus et de confiance, FSP – Parti politique compte mener des actions de plaidoyer et lobbying auprès de l’Organe de gestion des élections et des parties prenantes en vue de rechercher le consensus et rétablir la confiance », a dit John Omombo.

Une vue de quelques cadres et militants des FSP

Respectueux de la Constitution de la République, lui et son parti politique sont intransigeants sur la question de l’organisation des élections dans le strict respect du délai constitutionnel. Pour eux, c’est un impératif catégorique et non conditionnel.

« Nous suggérons humblement au Président de la République, Chef de l’Etat, Symbole de l’unité nationale, d’user de ses prérogatives constitutionnelles pour convoquer un cadre d’échange sur le processus électoral que nous avons dénommé Dialogue électoral constructif, «DEC» en sigle. Ledit dialogue est proposé comme une médication nécessaire, appropriée et urgente pour tenter de placer le processus électoral sur la voie qui lui éviterait de péricliter dans l’anomalie et l’apathie », a déclaré haut et fort le président national des FSP.

Il a précisé que ce « serait le passage idéal pour réunir les conditions nécessaires, préalables à l’organisation des élections dans le délai constitutionnel, loin des contestations majeures

Lire également Élection présidentielle: Marie-Josée IFOKU a déposé son recours à la cour constitutionnelle

Expert électoral de renommée internationale et en acteur politique avéré qui n’est pas né aujourd’hui, John Omombo prévient ses collègues politiques que les élections ne doivent pas être considérées comme un « simple rituel de légitimation de la vie publique » ou « un simple exercice plébiscitaire ».

Par ailleurs, il faut noter qu’en vrai stratège, Omombo a travaillé dans le silence, loin du tralala médiatique, durant quatre ans, pour installer son parti politique. Pari réussi car, à ce jour, les FSP sont installées dans vingt des vingt-six provinces de la RDC.

De quoi pousser celui qui est déjà surnommé « apôtre du dialogue électoral constructif » à se montrer très serrein sur la capacité de sa formation politique à affronter les élections générales prévues en 2023 en RDC.

RD44

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