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RDC: Le gouvernement presse l’ONU d’accélérer le retrait de la Monusco

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Le gouvernement de la République démocratique du Congo en a marre de l’inaction de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) face à l’insécurité grandissante au pays. A cet effet, le vice-premier ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala a réitéré au président du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), l’option levée par le gouvernement, d’accélérer et d’avancer à fin 2023, le retrait de cette force.

Dans une correspondance datée du 1 er septembre, le chef de la diplomatie congolaise a résumé au président du Conseil de sécurité de l’ONU la situation globale de la maison onusienne en RDC. Il a attiré son attention sur le fait que depuis sa création par la résolution n°1279 du 30 novembre 1999, la Mission des Nations unies au Congo (MONUC), devenue MONUSCO aux termes de la résolution n°1925 du 18 mai 2010, a un bilan mitigé et son efficacité est mise en cause. Ce, tout en reconnaissant son apport notamment au processus électoral, à l’armée, à la police et à l’action humanitaire.

Le gouvernement congolais note que le constat général est qu’après près de vingt-cinq ans de présence en RDC, en dépit de plusieurs dizaines de milliards de dollars dépensés, la Mission onusienne n’a pas fait le poids face aux rébellions en répétition, ni réussi à protéger les populations civiles.

« Aussi, a précisé Christophe Lutundula, le mécontentement et les frustrations accumulées par les populations de l’Ituri et du Nord-Kivu ont-ils explosé par des manifestations populaires violentes de juin-juillet 2022, à Goma, Beni, Butembo et Kasindi, exigeant le départ de la MONUSCO de la RDC, et qui ont causé la mort déplorable de 30 civils et 5 casques bleus ».

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En toute clarté, au nom du gouvernement, il a affirmé que « depuis lors, en réalité, la confiance a été rompue et n’est plus revenue entre les habitants de ces contrées, sinon l’ensemble des congolais et la MONUSCO ».

Bien plus, a poursuivi le chef de la diplomatie congolaise, « le rejet de la mission onusienne est d’autant plus fort que les processus de paix de Nairobi et de Luanda sont bloqués par le Rwanda et le M23 qui refusent d’obéir aux demandes de la communauté internationale et d’appliquer le plan de paix issu de ces deux processus sans que ni les casques bleus de l’ONU, ni la force régionale de l’Afrique de l’est présents au Nord-Kivu ne les y contraignent ».

De l’horizon 2024 à fin 2023

D’où pour le gouvernement, « l’accélération du retrait progressif de la MONUSCO en ramenant son démarrage de l’horizon 2024 à la fin de l’année en cours (2023), s’impose pour non seulement désamorcer les tensions toujours croissantes entre elle et les populations congolaises et expérimenter d’autres mécanismes de collaboration avec les Nations unies mieux adaptés aux circonstances du moment, mais aussi consolider le partenariat avec l’ONU pour la paix sur base des besoins et priorités de la RDC ».

En tout cas, le gouvernement est totalement convaincu que « quoi qu’il en soit, il est illusoire et contreproductif de continuer à s’accrocher au maintien de la MONUSCO pour restaurer la paix en RDC et stabiliser celle-ci ».
Robert Djanya

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